Ce jeudi matin, une trentaine de travailleuses de l’ASBL Maisons d’enfants d’Actiris ont bravé la pluie, le vent et le froid pour manifester contre neuf licenciements prévus pour la semaine prochaine, selon les syndicats. Elles se sont rassemblées au pied de la tour Astro à Saint-Josse, un bâtiment qui accueille Actiris ainsi qu’une des trois crèches de l’association, rapporte Belga.
Les effectifs de l’ASBL ont chuté d’environ 150 personnes il y a un an et demi à 98 aujourd’hui, indique Nadia Azaal, puéricultrice et déléguée FGTB. En plus de la crèche de la tour Astro, l’ASBL en gère encore une à Molenbeek et une à Anderlecht. Deux autres crèches ont fermé, l’une à Molenbeek et l’autre sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Les trois crèches restantes ont été fermées jeudi pour permettre la mobilisation, selon Nadia Azaal. Un préavis de grève et d’actions a été déposé par le front commun Setca, CNE et Synova.
Des restructurations contestées
Les syndicats reconnaissent les difficultés financières de l’ASBL, mais contestent la manière dont les restructurations sont conduites. Ils dénoncent une troisième vague de licenciements et craignent l’arrivée d’une quatrième. « Les licenciements sont étalés à chaque fois », déplore Nadia Azaal. « Tout le monde n’est pas traité de la même manière », ajoute-t-elle. La déléguée décrit les effets sur le personnel encore en poste : « La qualité de travail n’est plus la même », affirme-t-elle, faisant référence au stress et aux angoisses des travailleuses. Elle exige une discussion “claire et nette” avec la direction et des propositions concrètes.
“Nous souhaitons plus de transparence”, explique Bahia Fatiha, déléguée de Synova, qui réclame un plan social. Selon elle, les suppressions d’emplois touchent toujours les mêmes fonctions : cuisinières, puéricultrices et femmes de ménage. Elle conteste la préservation des postes de coordination et demande une réflexion sur la répartition des efforts. Elle décrit également des travailleuses licenciées venant effectuer leur préavis en pleurs et souhaite qu’elles puissent “partir avec leur dignité”, sans être contraintes de continuer à travailler dans de telles conditions.
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Les critères de licenciement en question
Les organisations syndicales contestent également l’utilisation exclusive de l’ancienneté comme critère de licenciement. Elles demandent l’application d’autres critères de protection sociale et rappellent s’être opposées, en 2025, au licenciement d’une collègue enceinte. “La confiance est rompue”, affirme Naima Zarbouh, personne de confiance CNE. Le personnel demande un accord sur les critères de licenciement, la réouverture du dialogue sur les métiers essentiels et l’équipe d’appui, ainsi qu’une concertation sur l’avenir des crèches.
Créée à l’initiative de l’ORBEm, devenu Actiris, et financée par l’office régional de l’emploi, l’ASBL Maison d’enfants d’Actiris accueille les enfants de moins de trois ans de chercheurs d’emploi bruxellois. Elle propose une garde ponctuelle durant leurs démarches ou un accueil temporaire de trois mois lors d’une reprise d’emploi.
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