Au cours des huit premiers mois de 2026, un nombre record de 1 239 personnes en situation irrégulière ayant purgé des peines de prison ont été expulsées vers leur pays d’origine. Malgré cet exploit, Martin de Brabant (MR), le maire par intérim de Schaerbeek, a exprimé ses préoccupations en déclarant : « Les délinquants sont appréhendés par la police et deux heures plus tard, ils sont de nouveau dans les rues. »
Ce nombre record d’expulsions a été rapporté par De Standaard, citant des données de la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Les chiffres concernent des individus sans titre de séjour valide ayant purgé leur peine entière ou presque dans une prison belge. Les plus grands groupes de personnes expulsées provenaient du Maroc (233), d’Albanie (195) et d’Algérie (138).
Selon Van Bossuyt, cette augmentation résulte d’une priorité politique clairement définie, d’une coopération renforcée avec la justice et d’un investissement accrus en capacités et en personnel. En avril, Van Bossuyt et le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) ont signé un accord de rapatriement avec l’Algérie. Il existe également des arrangements de longue date avec le Maroc concernant le retour des ressortissants marocains.
De Brabant : ‘La migration n’est pas de ma compétence’
Ce rapport fait surface alors que les critiques à l’égard de la politique fédérale de retour se sont intensifiées à Bruxelles. De Brabant estime que le gouvernement fédéral n’agit pas suffisamment concernant les individus en situation irrégulière appréhendés dans sa commune. Cette critique est particulièrement significative alors que le MR et la N-VA sont partenaires de coalition au niveau fédéral.
De Brabant a indiqué qu’une petite fraction seulement des personnes en situation irrégulière interpellées par la police sont effectivement placées dans des centres fermés en vue d’expulsion. « Les gens sont arrêtés par la police et deux heures plus tard, ils sont de nouveau dans les rues parce qu’aucune décision n’a été prise par la politique migratoire du ministre », a-t-il fait remarquer.
Malgré les problèmes fédéraux, De Brabant a souligné que Schaerbeek a pris des mesures dans son champ de compétence. « Nous avons accepté nos responsabilités. Nous avons imposé deux interdictions sur des zones spécifiques, et j’ai décidé de fermer des établissements problématiques », a-t-il déclaré. Des mesures ont également été mises en œuvre dans le quartier de Noordwijk, comprenant un couvre-feu nocturne de six mois, selon De Brabant. Concernant la politique migratoire, il a cependant affirmé : « La migration n’est pas de ma compétence ; c’est la responsabilité d’Anneleen Van Bossuyt. Elle doit maintenant assumer ses responsabilités. »
La réponse est politique
De Brabant a souligné qu’il ne souhaite pas blâmer entièrement la ministre fédérale pour les troubles dans sa communauté, mais qu’il pense qu’il est nécessaire d’agir davantage au niveau fédéral.
Interrogé sur le fait qu’il considère que la politique de retour est insuffisante avant que les individus ne soient incarcérés, De Brabant a répondu affirmativement : « Oui. Je veux dire : la réponse est politique. »
Cette critique de Bruxelles intervient après la décision de Van Bossuyt de réduire de 1 000 le nombre de places fédérales d’accueil pour les demandeurs d’asile dans le cadre du soi-disant Brussels Deal. Ces places étaient destinées aux demandeurs d’asile qui ne pouvaient pas être accueillis dans le réseau régulier de Fedasil. De Brabant avait précédemment averti que cette décision pourrait aggraver davantage la situation à Noordwijk.