La Marine américaine élargit sa stratégie d’acquisition technologique face à une demande accrue
Justin Fanelli, directeur de la technologie du Département de la Marine, a annoncé des évolutions significatives dans le processus d’acquisition de la Marine. Celle-ci cherche à rationaliser ses opérations et à mieux collaborer avec le secteur privé, marquant un changement notable par rapport à ce que Fanelli a qualifié de « gouvernement de votre grand-père » vers une approche d’achat plus définie, mettant l’accent sur un modèle d’entonnoir pour les startups. Cette transition vise à attirer des entreprises affichant de solides résultats dans l’écosystème technologique de la Marine.
Cette semaine, lors d’un appel vidéo, Fanelli a décrit une situation urgente, ayant été informé de devoir embarquer à bord d’un vol avec peu d’informations sur sa destination. « Vous avez une heure et 15 minutes pour prendre l’avion », a-t-il raconté tout en se déplaçant, signalant son enthousiasme face au voyage surprise à venir.
Fanelli a signalé un signal de demande croissante de la part des investisseurs suite à la publication par la Marine de ses priorités technologiques. Cette évolution a modifié les perceptions concernant les plans d’achat de la Marine. Dans ce contexte, Fanelli prévoit de partager une liste mise à jour des acquisitions souhaitées, cette fois en intégrant les retours d’investisseurs en capital-risque non nominés afin de mieux aligner les besoins de la Marine avec les capacités du marché.
Les dépenses annuelles de la Marine varient considérablement selon les définitions de l’expenditure. Fanelli a noté : « Nous dépensons environ 150 milliards de dollars chaque année », mais a précisé que cela englobe l’ensemble des achats, par opposition aux investissements en capital. Bien que les méthodes d’acquisition traditionnelles dominent encore, la Marine explore des approches plus novatrices, notamment des co-investissements aux côtés du capital privé plutôt que de s’appuyer uniquement sur des entrepreneurs établis.
Notamment, l’accent mis par la Marine sur les acquisitions se tourne vers des entreprises en phase avancée, spécifiquement celles en séries de financement D à F. Cette nouvelle orientation vise à confier la responsabilité de la recherche et du développement en phase précoce à des investisseurs commerciaux, affinant ainsi le signal d’acquisition que la Marine envoie au marché. « Le coût de cela, ou la responsabilité, est pour nous, si nous n’allons pas le faire nous-mêmes, de lancer un signal plus clair », a expliqué Fanelli.
Les récentes confirmations d’activités d’achat illustrent ces changements. Un contrat de 562 millions de dollars a été attribué ce mois-ci pour le MQ-25 Stingray, un drone de ravitaillement autonome qui améliore la portée opérationnelle des avions pilotés. D’autres acquisitions comprennent du matériel de calcul en périphérie de chez Armada, destiné à être déployé sur des navires, ainsi que des technologies d’inspection de Gecko Robotics, améliorant la sécurité dans des tâches auparavant dangereuses. De plus, un nouveau contrat avec Applied Intuition a permis à la Marine de remplacer les systèmes de caméra obsolètes sur les navires, accélérant les mises à niveau et élargissant leur mise en œuvre sur davantage de vaisseaux.
Les tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, mises en lumière par des frappes récentes sur des tankers et des querelles maritimes, soulèvent des questions concernant l’application de nouvelles technologies dans cette région. Fanelli est resté prudent quant aux spécificités, notant la complexité des questions de classification dans les discussions sur l’acquisition de défense.
Les décisions concernant les achats sont prises par un petit comité de sélection des sources, un processus simplifié créé pour éviter les longues procédures de révision associées aux grandes acquisitions gouvernementales. Fanelli a souligné l’objectif du comité d’appuyer des évaluations basées sur le mérite, en minimisant les couches bureaucratiques inutiles.
En réfléchissant aux discussions passées, Fanelli a cité que de nombreuses technologies prometteuses échouent au sein de la Marine en raison de contraintes budgétaires plutôt que d’inadéquations techniques. Des cycles de planification longs signifient que de nouveaux outils doivent souvent remplacer des dépenses existantes pour rester viables.
Avant de conclure, Fanelli a communiqué une liste mise à jour des domaines technologiques priorisés, un effort collaboratif de son bureau et du Responsable de l’acquisition de portefeuille pour les systèmes de mission. Cette liste catégorise les intérêts en cinq domaines clés :
- IA appliquée : axée sur l’apprentissage machine et les capacités logicielles pour une prise de décision rapide.
- Science de l’information quantique : soulignant la navigation et la communication sécurisée utilisant des techniques quantiques.
- Réseautage avancé : permettant une transmission de données sécurisée à travers des environnements divers et exigeants.
- Opérations dans le spectre électromagnétique : technologies qui s’adaptent aux conditions contestées pour la gestion du spectre.
- Ingénierie numérique et interopérabilité : solutions d’infrastructure facilitant une communication fluide entre divers systèmes.
La note accompagnant cette liste précise qu’elle ne constitue pas des engagements de financement et reconnaît l’évolution des priorités de la Marine en fonction de divers besoins émergents. Ce cadre est destiné à guider les entreprises et les investisseurs alors qu’ils naviguent dans les décisions d’investissement qui pourraient s’aligner sur les capacités futures de la Marine.