Le projet de tram à Liège critiqué pour une planification insuffisante
Le projet de tram à Liège, lancé par les autorités régionales en décembre 2008, est fortement critiqué par la Cour des comptes, qui estime que les processus de planification et de décision ont été menés « sans réflexion suffisante. »
Le rapport de la Cour indique que « le choix initial du tram était basé sur un projet isolé, sans aucune analyse de la réorganisation du réseau de bus existant et sans prise en compte de la faisabilité technique et des ressources financières. » De plus, le gouvernement n’a pas réussi à justifier la nécessité d’un tram par rapport aux sections d’extensions projetées, qui ont finalement été abandonnées en 2024.
Partenariat public-privé critiqué
La structure de financement du projet reposait sur un partenariat public-privé (PPP), mais la Cour remarque que « la décision n’a pas été précédée d’une analyse coûts-bénéfices, essentielle pour garantir une utilisation optimale des fonds. » En outre, le rapport souligne « l’absence d’une acceptation provisoire des travaux hors configuration, d’un système de notification de mise en service partiellement opérationnel, et de la limitation ou de la non-application des pénalités » liées au retard dans la délivrance du certificat de disponibilité.
Huit ans de retard
L’ouverture de la ligne de tram, initialement prévue pour juin 2017, n’a eu lieu qu’en avril 2025. La Cour souligne que « les contrats d’assistance technique et la fourniture d’un chef de projet adjoint et de responsables de site ont également été modifiés, parfois de manière irrégulière. » Elle note qu’« à l’issue de l’audit, plusieurs problèmes de non-conformité persistent. »
Coût total estimé à 1,3 milliard d’euros
La juridiction administrative soulève des préoccupations concernant « un risque majeur de durabilité financière pour Tram’Ardent s’il ne parvient pas à résoudre les dysfonctionnements l’empêchant d’atteindre les performances requises. » Le coût projeté du programme de tram est évalué à un minimum de 263,1 millions d’euros d’ici le 31 décembre 2025, avec des coûts futurs attendus pour atteindre au moins 990,5 millions d’euros hors TVA d’ici 2052, aboutissant à un coût total provisoire de 1,3 milliard d’euros. La Cour souligne que cette estimation inclut des limitations, comme les coûts de contentieux en cours qui n’ont pas encore été pris en compte.
Problèmes de gestion identifiés
S’agissant de la gestion du projet, le rapport indique que « la surveillance a commencé trop tard et a cessé prématurément. » L’externalisation de la gestion de projet a conduit à une augmentation des coûts et à d’éventuels conflits d’intérêts, et les organes responsables ont été informés de manière sporadique. Il souligne également « une évaluation tardive, mal structurée et obsolète des risques du projet. »
Recommandations de la Cour des comptes
Pour améliorer les projets d’infrastructure futurs, la Cour recommande de renforcer la phase de conception en impliquant les parties prenantes publiques concernées, d’établir des cadres juridiques pour les PPP, d’adopter des délais réalistes pour l’achèvement des projets, de garantir un suivi financier rigoureux des contrats publics, et de mettre en œuvre une gestion continue, un reporting formel et une culture de gestion des risques.