Les forces russes ont intensifié leur campagne d’attaques contre les infrastructures critiques et les bases militaires en Ukraine, utilisant des drones réactifs avancés et des armes balistiques. Face à une pénurie critique de missiles anti-aériens et de capacités d’interception, l’Ukraine fait face à des défis importants pour protéger ses centrales électriques, ses installations industrialisées et ses entrepôts, rapporte 24brussels.
Drones réactifs Geran-4
Selon l’analyste Clément Molen, l’ennemi a changé de tactique, déployant de plus en plus les drones réactifs avancés connus sous le nom de Geran-4, au lieu des traditionnels drones Geran-2. Ces nouveaux modèles se déplacent beaucoup plus rapidement, compliquant l’interception par les contre-drones ukrainiens. Les données officielles ukrainiennes indiquent qu’entre 500 et 800 drones ennemis échappent à l’abattage chaque mois. Parallèlement, les observations indépendantes de Molen confirment que les occupants réussissent à atteindre au moins 700 à 800 cibles différentes chaque mois.
Les forces ukrainiennes avaient développé des drones d’interception adaptés aux modèles ennemis précédents, cependant, l’apparition de ces variantes plus rapides a créé une lacune dans la défense. Actuellement, la part des Geran-4 dans les attaques aériennes est d’environ 10 à 20 %, mais Molen prévoit qu’elle pourrait dépasser 50 % de tous les drones lancés dans un avenir proche.
Pour contrer efficacement les UAV réactifs, une approche multifacette est nécessaire :
- Déploiement d’avions de chasse et de systèmes de défense aérienne basés au sol.
- Développement de nouveaux drones d’interception dotés d’une vitesse accrue et d’une navigation autonome.
- Intégration de l’intelligence artificielle pour des ajustements de trajectoire en temps réel à des vitesses élevées, où chaque seconde compte.
Menace sur les centrales nucléaires
Cet hiver, l’infrastructure énergétique demeure une cible principale pour les frappes russes. Des efforts sont en cours en Ukraine pour protéger l’équipement, notamment la construction d’abris en béton autour des transformateurs dans les stations électriques, ce qui réduit l’efficacité des frappes de drones. Toutefois, cet effort nécessite un temps et des ressources financières considérables.
Le principal risque réside dans la possibilité d’attaques réussies contre les centrales électriques et les nœuds critiques du réseau :
- Des dommages délibérés au système pourraient conduire à une déconnexion forcée des centrales nucléaires du réseau national.
- Dans de tels cas, des spécialistes ukrainiens devraient procéder à un arrêt préventif des centrales nucléaires.
- La restauration de la connectivité et le redémarrage des blocs nucléaires nécessiteront un temps considérable.
- Le résultat serait des semaines de coupures d’électricité pour les résidents de nombreuses grandes villes, impactant significativement les industries critiques.
Des rapports récents ont indiqué que la Russie avait considérablement augmenté ses frappes balistiques au cours des dernières semaines, ciblant principalement Kyiv alors que les stocks de missiles intercepteurs pour les systèmes Patriot en Ukraine s’amenuisent. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré dans une interview avec CNN : “Si les États-Unis nous vendent 5 %, nous passerons l’hiver et sauverons des vies. S’ils peuvent nous en vendre 10 %, nous détruirons tous les missiles balistiques russes. J’ai 1 %.”