Le PS souhaite retarder la transition de la flotte de taxi bruxelloise vers l’électrification. Le gouvernement bruxellois devrait aborder la question ce jeudi.
Actuellement, environ dix pour cent des 3 250 taxis à Bruxelles sont électriques. D’ici 2027, Bruxelles Mobilité estime qu’il sera nécessaire de remplacer entre 300 et 350 véhicules à moteur à combustion. En raison de l’obligation d’électrification, le nombre de taxis électriques pourrait potentiellement doubler dans un délai court.
Selon des sources, le PS propose de retarder l’électrification obligatoire de deux ans. Un responsable haut placé du PS a confirmé à notre rédaction : « C’est un dossier très important pour nous. » La porte-parole de la Secrétaire d’État bruxelloise chargée du secteur des taxis, Karine Lalieux (PS), soutient cette position.
« Nous ne devons pas nous précipiter. Un délai de deux ans nous rapprocherait également davantage de la Flandre, alors que la flotte de taxis bruxelloise a proportionnellement plus de véhicules électriques, » indique le raisonnement du parti, en contraste avec l’exigence flamande selon laquelle tous les nouveaux taxis doivent être des véhicules à émissions nulles d’ici 2030.
Infrastructures de recharge
Le PS fait valoir que Bruxelles manque de stations de recharge rapide suffisantes pour accélérer la transition à partir de 2027, d’autant plus que les taxis fonctionnent souvent en continu sur différents quarts. Actuellement, Bruxelles dispose de 268 points de recharge rapide, Philippe Vangeel, directeur de la fédération de l’électromobilité EV Belgium, notant que ce chiffre a augmenté à 316.
Un groupe de travail, comprenant des membres de Sibelga, Leefmilieu Bruxelles et Bruxelles Mobilité, avait précédemment conclu que le réseau de recharge actuel est adéquat pour soutenir la transition écologique de la flotte de taxis.
Le dossier sera présenté lors du premier conseil ministériel de la nouvelle saison politique ce jeudi, où la Secrétaire d’État Lalieux devrait rencontrer une résistance de la part de la Ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Vert).
« La Secrétaire d’État partage l’objectif de rendre le secteur neutre en carbone ; il n’y a aucun doute là-dessus, » a déclaré un porte-parole de Lalieux à BRUZZ. « Cependant, le problème n’est pas la transition elle-même, mais plutôt son rythme et ses conditions. Imposer un délai alors qu’il y a un manque de véhicules et d’options de recharge transfère principalement le risque aux opérateurs, qui sont souvent des travailleurs indépendants ou de très petites entreprises. »
Il y a deux ans, lors du blocage politique à Bruxelles, l’électrification de la flotte de taxis avait déjà été reportée—sous l’influence du PS et avec le soutien du MR.