Aujourd’hui: Nov 05, 2026
Le président de la cour d'appel du Hainaut appelle à des décisions civiles plus claires face à la complexité croissante

Le président de la cour d’appel du Hainaut appelle à des décisions civiles plus claires face à la complexité croissante

Dans une récente intervention, Philippe Morandini, président de la Cour d’appel du Hainaut, a mis en lumière la complexité croissante et les défis liés à la justification adéquate des décisions de justice civile. Il a noté un niveau accru d’étonnement et de critiques dirigées contre les jugements, affirmant que “la véritable cause des justifications longues réside dans la loi”.

Les défis évolutifs pour les juges

Morandini a souligné que les juges ne sont pas tenus de répondre à chaque argument présenté par les parties concernées, mais doivent aborder tous les points soulevés. L’absence de réponse à un point significatif peut entraîner l’annulation d’une décision. Par conséquent, les magistrats doivent analyser minutieusement tous les arguments avancés par les avocats, y compris ceux qui ne sont pas présentés verbalement lors des audiences. Cette tâche devient de plus en plus ardue en raison de la complexité croissante des affaires et de l’intégration de l’intelligence artificielle dans le processus judiciaire. “Avec l’utilisation de l’intelligence artificielle, le rôle du juge ressemble à celui d’un explorateur. On se demande si l’intention est parfois de submerger le juge plutôt que d’éclaircir les choses,” a déclaré Morandini.

Lors de son discours, Morandini a partagé son expérience personnelle d’utilisation d’outils d’intelligence artificielle basiques, qui ont généré six arguments juridiques à partir d’une seule demande. Cette ressource est désormais accessible à tous les justiciables, qui ont le droit de présenter tout argument qu’ils jugent pertinent. Morandini plaide en faveur d’une “justification positive”, privilégiant des décisions concises, lisibles et compréhensibles pour les justiciables. Il a affirmé : “Il est essentiel d’expliquer la solution et de la justifier sans aborder chaque point soulevé.”

Pour améliorer la situation, le président a esquissé plusieurs pistes potentielles : des modifications limitées à l’article 780 du Code judiciaire, un travail préparatoire, la prise en compte des études existantes, une formation renforcée pour les magistrats, et parfois, un peu de créativité.

Inauguration de nouveaux avocats

La cérémonie a également été marquée par le serment de 18 avocats stagiaires, comprenant 15 femmes et trois hommes. L’Ordre des avocats de Charleroi a accueilli onze nouvelles recrues, dont huit femmes et trois hommes, tandis que trois femmes ont rejoint le barreau de Mons et quatre femmes celui de Tournai. Le Bâtonnier de Mons, Me Stéphane Brux, a adressé la parole aux nouveaux avocats, leur rappelant que leur serment leur confère “le luxe immense d’être des acteurs libres au sein du système judiciaire.”

De plus, la Procureure générale Ingrid Godart a discuté de la mise en œuvre du nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er septembre. Cette réforme majeure modifie la façon dont les délits non intentionnels sont traités, stipulant que, tandis que la négligence mineure pouvait précédemment entraîner une responsabilité pénale dans certaines circonstances, la nouvelle législation limite cette responsabilité aux comportements présentant une suffisante gravité. Par conséquent, la simple imprécaution ne devrait plus, en soi, entraîner de condamnation pénale pour délits non intentionnels. Cette réforme introduit une distinction plus claire entre responsabilité pénale et civile, permettant à une faute légère de donner lieu à des réparations devant les tribunaux civils sans nécessairement constituer une infraction pénale. Godart a exprimé ses inquiétudes quant au potentiel de malentendu du public à l’égard de ces changements.

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