Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a annoncé son intention de bloquer 131 millions d’euros destinés à la Société Régionale du Logement de Bruxelles (BGHM) jusqu’à ce que Lotfi Mostefa (PS) démissionne de son poste de président de l’Anderlechtse Haard. Cette décision ravive les tensions entre les partis MR et PS en Belgique.
Selon La Libre, cet ultimatum a été révélé juste avant la première réunion ministérielle du gouvernement bruxellois après les congés d’été. Bouchez a confirmé cette manœuvre par le biais de sources bien informées, indiquant qu’en l’absence de ces fonds, la BGHM ne pourra pas remplir ses obligations financières.
La controverse découle de la récente réélection de Mostefa en tant que président de l’Anderlechtse Haard. Un représentant du PS a qualifié les actions de Bouchez de « sérieuse attaque politique », affirmant que le parti est déterminé à ne pas abandonner son collègue. « Bouchez immobilise le gouvernement et se concentre sur la symbolique », a précisé la source.
Attente d’approbation des financements
Au cabinet de la secrétaire au Logement de Bruxelles, Karine Lalieux (PS), il a été confirmé que les 131 millions d’euros prévus pour la BGHM pour 2026 n’ont pas encore été débloqués. « Le gouvernement doit encore discuter de l’allocation de ces fonds », ont-ils déclaré.
Une source au PS a commenté : « Si le MR bloque 131 millions d’euros en raison de Lotfi Mostefa, alors le MR est responsable des conséquences pour la BGHM. Il appartient au ministre-président Dilliès de résoudre cela en interne. »
Ce financement est crucial, représentant une part significative du plan pluriannuel pour la BGHM, qui prévoit de recevoir 75 millions d’euros en 2027, 80 millions en 2028 et 114 millions en 2029. « La BGHM a urgemment besoin de cet argent pour réaliser de nouveaux projets de logements », a exprimé une source au fait de la situation.
Cette semaine, la direction du MR a décidé de resserrer les rangs en réponse à la réélection de Mostefa. Un sentiment général prévaut selon lequel le PS ne tire pas les leçons des controverses entourant l’Anderlechtse Haard, le MR cherchant à affirmer son autorité au sein du gouvernement de coalition.
Les luttes de pouvoir politiques
Le conflit interne au sein de l’Anderlechtse Haard se poursuit. Après des défis juridiques et une lutte pour le pouvoir impliquant Marcela Gori (MR), Mostefa a été réélu président en août, malgré les préoccupations émises par le commissaire gouvernemental supervisant l’organisation, qui a averti que des décisions prises sans président formel pourraient être considérées comme invalides.
Mostefa a fait l’objet de critiques suite à un documentaire Pano diffusé par la VRT, le dépeignant comme un président trop impliqué qui a engagé des allocations de logements pour des raisons discutables.
Tensions croissantes
Bien qu’une brève enquête ait entraîné des recommandations pour la politique de logement social, Bouchez se sent contraint d’escalader la situation suite à la réélection de Mostefa. Le leader du MR est réticent à se contenter de la nomination d’un commissaire gouvernemental et d’un « gestionnaire de changement » pour traiter les problèmes persistants.
Les inquiétudes concernant l’efficacité des mesures mises en œuvre par la secrétaire Lalieux pour concrétiser les recommandations de l’enquête persistent parmi les libéraux. On s’attend à ce que ce sujet soit au centre des discussions lors de la réunion du cabinet jeudi. « Il y aura des étincelles autour de la table du gouvernement, surtout lorsque les discussions budgétaires commenceront à s’intensifier », a déclaré un chef de cabinet.
Cette situation politique continue d’évoluer alors que Bruxelles cherche à stabiliser sa coalition au pouvoir, devant concilier des besoins urgents en matière de financement du logement avec le contexte des conflits internes au sein des partis.
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