À Bruxelles, 9 777 personnes souffrent d’absence de logement ou de conditions de vie inadéquates, selon des données de Bruss’Help publiées en 2025. Parmi cette population, les femmes sans-abri représentent 20 %.
Pour ces femmes vivant dans la rue, la vie quotidienne est marquée par l’insécurité et la violence de genre. Les services d’aide d’urgence qui leur sont proposés reflètent ces dynamiques, avec des centres de jour principalement conçus pour être fréquentés par des hommes. Ce constat a inspiré Susan Even, chercheuse à l’UCLouvain, à explorer si un espace pouvait devenir un véritable outil d’émancipation pour les femmes sans-abri. Son étude, publiée en avril, intitulée “Femmes sans chez-soi : le centre de jour comme espace de reconstruction”, enquête sur un centre de jour à Bruxelles. “Je voulais intégrer les discussions de genre avec des questions d’inclusion dans l’espace, en réfléchissant à comment mieux concevoir l’environnement”, a-t-elle expliqué à Grenades. Sa conclusion souligne que “l’espace physique ne répond pas seulement aux besoins urgents. Lorsqu’il est bien conçu, il devient un soutien pour les soins, l’attention et la reconstruction de soi.”
À Bruxelles, le premier centre de jour exclusivement consacré aux femmes sans-abri a ouvert ses portes il y a trois ans, en septembre 2023, comblant une lacune importante dans la politique de logement : offrir aux femmes vivant dans la rue un espace sécurisé, exempt de violence liée au genre. Nous avons visité Circé de l’Ilot, situé sur le Parvis de Saint-Gilles, où nous avons parlé avec les assistantes sociales Clémence et Fanny.
“Nous offrons des services tels que des repas, des douches et un soutien social. Il y a un espace de vestiaire où les femmes peuvent prendre une tenue par jour et des casiers où elles peuvent entreposer leurs affaires,” a détaillé Clémence. “C’est aussi un lieu où elles peuvent simplement venir se reposer, prendre un café et créer des liens. Chacune trouve un peu de ce qu’elle recherche ici.”