Von der Leyen propose un “membre associé” pour le Canada au sein de l’Union européenne
La présidente de la Commission européenne annonce la possibilité de liens plus étroits
Lors de son discours annuel sur l’état de l’Union prononcé mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé le concept de “membre associé” pour le Canada au sein de l’Union européenne. Cette annonce a été faite lors de son intervention devant le Parlement européen à Strasbourg, où elle a souligné la nécessité de redéfinir rapidement les partenariats, notamment en réponse aux défis mondiaux.
Von der Leyen, s’adressant au Premier ministre canadien Mark Carney, a souligné l’objectif d’élever la relation UE-Canada au “niveau le plus élevé possible”. Le traité conclu (CETA) entre l’UE et le Canada constitue un élément fondamental de cette ambition, avec des collaborations futures prévues dans des domaines tels que l’énergie, les matières premières, l’intelligence artificielle, la technologie quantique, la cybersécurité et les industries de défense, rapportent 24brussels.
De plus, Von der Leyen a affirmé que l’UE et le Canada partagent une perspective commune sur les enjeux mondiaux, de la situation en Ukraine à l’Arctique, ancrée dans un engagement envers la démocratie et le droit international. “Nous croyons que le pouvoir n’appartient ni aux plus forts, ni aux plus riches, ni à ceux qui crient le plus fort”, a-t-elle déclaré.
Le partenariat proposé vise à renforcer les capacités conjointes plutôt qu’à cibler un pays spécifique, en réponse aux défis posés par les politiques économiques internationales, notamment celles des États-Unis sous l’ancienne présidence de Donald Trump.
Le Premier ministre Carney doit s’adresser au Parlement européen jeudi pour développer davantage le rôle du Canada dans ce partenariat potentiel.
Face à l’escalade des menaces russes, que Von der Leyen qualifie d’extrêmement directes, elle a plaidé pour l’établissement d’un cadre de réponse d’urgence similaire à l’article 4 de l’OTAN. “Alors que la guerre de la Russie contre l’Ukraine se poursuit, les menaces augmentent sur notre sol”, a-t-elle noté, en faisant référence aux incidents récents en Lituanie, au Danemark et en Pologne.
Von der Leyen a mis en avant la nécessité pour l’Europe de développer un plan stratégique pour faire face aux menaces hybrides, proposant une approche basée sur le consensus pour définir des actions dans les incidents qui, bien qu’ils ne s’escaladent pas en agression armée, posent des risques significatifs pour la sécurité nationale. Elle a appelé à une version européenne de l’article 4 de l’OTAN afin que les États membres de l’UE puissent se rassembler et convenir de réponses unifiées dans de telles situations.
Elle a également relancé les discussions sur l’établissement d’un Conseil européen de sécurité, une proposition initialement avancée en 2018 par l’ancienne chancelière Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Ce conseil faciliterait la coopération entre les dirigeants européens sur la sécurité du continent, en intégrant des partenaires tels que le Canada, la Norvège, l’Ukraine, le Royaume-Uni et d’autres acteurs pertinents.
Ces discussions ont mis en lumière l’urgence des mesures de sécurité collective, reflétant un changement dans le paysage géopolitique et l’importance d’alliances renforcées pour relever les menaces émergentes.