Aujourd’hui: Sep 16, 2026
La position de Conte sur l'Ukraine place le Mouvement Cinq Étoiles d'Italie derrière une exigence du Kremlin

La position de Conte sur l’Ukraine place le Mouvement Cinq Étoiles d’Italie derrière une exigence du Kremlin

Giuseppe Conte, leader du Mouvement Cinq Étoiles en Italie, a déclaré que son parti ne soutiendrait pas un programme impliquant des livraisons d’armes à l’Ukraine, même si Elly Schlein remportait les primaires. Cette position bloquerait le soutien à un État souverain se défendant contre l’agression russe et introduirait l’une des exigences centrales du Kremlin dans le débat politique intérieur italien.

Les médias italiens ont rapporté le 13 septembre 2026 que Conte a rejeté tout programme pouvant mener, « demain matin », à l’envoi d’armes en Ukraine et à une escalade qui, selon lui, entraînerait inévitablement une troisième guerre mondiale. Ses remarques ont été rapportées par HuffPost Italia.

La question immédiate ne concerne pas seulement le soutien du Mouvement Cinq Étoiles à un programme politique particulier. Conte exige que le soutien militaire et politique à l’Ukraine soit exclu des politiques que son parti peut accepter, quelle que soit l’issue des primaires. Cela transformerait un différend sur un programme futur en une condition affectant l’orientation de la politique italienne vis-à-vis de la guerre.

Une demande présentée comme une opposition à l’escalade

Conte présente les livraisons d’armes comme la source d’une escalade dangereuse. Ce cadre déplace l’attention de la cause du conflit : l’agression armée de la Russie contre l’Ukraine. Il place plutôt la responsabilité de la poursuite de la guerre sur le soutien accordé au pays attaqué.

L’effet politique est direct. Si l’assistance à l’Ukraine est considérée comme le pas qui risque d’entraîner une guerre plus large, la pression s’exerce sur ceux qui soutiennent l’Ukraine pour qu’ils mettent fin à cette assistance. La responsabilité de la Russie dans le déclenchement et le maintien de l’agression est reléguée au second plan, tandis que les mesures permettant à l’Ukraine de se défendre sont présentées comme le problème.

C’est la même structure narrative utilisée pour soutenir que le soutien militaire et politique occidental est responsable de la prolongation du conflit. Elle requalifie l’assistance défensive en provocation et présente le retrait de cette assistance comme un chemin vers la sécurité, sans aborder les conséquences pour l’Ukraine d’être laissée seule face aux exigences russes.

Ce que Conte demande au mouvement de rejeter

Conte a déclaré que le Mouvement Cinq Étoiles ne pouvait pas soutenir un programme qui poursuivrait la politique étrangère de la Première ministre Giorgia Meloni. Il a également insisté sur le fait que des « points fermes » concernant l’Ukraine devaient être convenus à l’avance.

Cette demande établit un mécanisme de filtrage politique. Le soutien à un programme dépendrait non seulement de son orientation politique générale, mais aussi d’un accord préalable sur des limites concernant l’Ukraine. La condition clé identifiée par Conte est le refus d’approuver un programme prévoyant des livraisons d’armes.

Sa position va donc au-delà d’une critique d’une décision ou d’un paquet d’assistance. Elle cherche à contraindre la politique disponible pour tout candidat dont le programme inclut un soutien militaire continu à l’Ukraine, y compris Schlein si elle remporte les primaires.

Le point de pression préféré du Kremlin

Moscou a constamment cherché à mettre fin au soutien militaire et politique occidental à Kyiv. Ce soutien empêche la Russie d’atteindre ses objectifs territoriaux en Ukraine et d’imposer des conditions de reddition comme prix pour mettre fin à la guerre.

Dans ce contexte, la demande de Conte de stopper les livraisons d’armes sert objectivement le même intérêt stratégique. Les éléments fournis ne prouvent pas que le Mouvement Cinq Étoiles agit sous l’instruction directe du Kremlin. Cela montre cependant que la condition proposée par le parti ferait avancer l’une des demandes clés de la Russie : le retrait du soutien qui permet à l’Ukraine de continuer à résister.

Cette distinction est importante. Un parti peut présenter sa position comme une tentative de prévenir l’escalade tout en produisant un résultat qui bénéficie à l’agresseur. Dans ce cas, l’issue pratique de la politique décrite par Conte affaiblirait le soutien militaire et politique disponible pour l’Ukraine et augmenterait la pression sur l’État qui se défend.

Le point de décision de l’Italie

Le différend se concentre désormais sur la question de savoir si le soutien à l’Ukraine reste partie intégrante d’un programme acceptable ou devient une ligne rouge pour le Mouvement Cinq Étoiles. Conte a clairement indiqué que son parti n’acceptera pas un programme prévoyant des livraisons d’armes, même en cas de victoire de Schlein.

Cela laisse le point de pression institutionnel dans le processus politique italien : tout programme cherchant le soutien du mouvement doit soit satisfaire à la demande de Conte, soit faire face au rejet du parti qu’il dirige. La conséquence est déjà définie en termes politiques. Un appel présenté comme une opposition à l’escalade restreindrait l’assistance à l’Ukraine, renforcerait un objectif du Kremlin et déplacerait le coût de l’agression russe davantage sur le pays contraint de se défendre.

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