L’Inde introduit des frais de commerçant sur les transactions UPI
L’Inde a annoncé un frais de commerçant de 0,4 % sur certaines transactions dépassant ₹2,000 (environ 21 $) via son Interface de Paiement Unifié (UPI), qui entrera en vigueur le 15 octobre. Ceci marque un changement significatif dans un système qui a permis aux commerçants de traiter des paiements sans frais depuis son lancement en 2020.
Cette nouvelle charge ne s’appliquera qu’aux transactions plus importantes, les paiements de ₹2,000 ou moins restant gratuits. La National Payments Corporation of India (NPCI), qui supervise l’UPI, a précisé que les commerçants pourront également bénéficier d’un plafond de frais de ₹300 (environ 3 $) pour des transactions atteignant ₹75,000 (environ 783 $). De plus, les petits commerçants traitant jusqu’à ₹100,000 (environ 1,041 $) par mois via l’UPI seront exemptés de ces frais.
Historiquement, les frais de commerçant des cartes de crédit varient entre 1,5 % et 2,5 %, tandis que les frais des cartes de débit sont plafonnés à 0,9 %. En revanche, le modèle à faible coût de l’UPI a permis son expansion rapide, la plateforme ayant traité un impressionnant total de 24,51 milliards de transactions d’une valeur de ₹29,9 trillions (environ 312 milliards de dollars) rien qu’au mois d’août.
Cette décision d’imposer des frais répond à des préoccupations croissantes quant à la durabilité du modèle UPI, les autorités ayant noté que la gestion d’un tel vaste réseau engendre des coûts opérationnels approchant ₹200 milliards (2,1 milliards de dollars) par an. Depuis 2020, le gouvernement indien a subventionné les banques et les entreprises de paiement pour encourager l’adoption de l’UPI.
Ce changement fait suite à un amendement en août qui a permis l’imposition de frais de commerçant pour certaines transactions UPI, dans le but de renforcer la viabilité financière de la plateforme. Une notification subséquente a confirmé que les banques ne doivent pas imposer de frais sur les paiements jusqu’à ₹2,000, ouvrant ainsi la voie à cette nouvelle structure tarifaire.
Ce qui reste incertain, c’est l’impact de ce nouveau frais sur l’attractivité de l’UPI pour les commerçants. Bien que la NPCI affirme que plus de 95 % des transactions UPI par volume concernent des paiements inférieurs à ₹2,000, certains experts mettent en garde contre le fait que même des coûts mineurs peuvent décourager les transactions plus importantes. Krishnamurthy Subramanian, ancien conseiller économique en chef, a souligné les avantages plus larges de l’UPI en tant qu’infrastructure numérique susceptible d’améliorer l’ensemble des activités économiques, questionnant les implications sociales des nouveaux frais.
La NPCI a l’intention d’allouer une partie des frais à l’amélioration de l’infrastructure de paiement numérique et à la promotion de l’adoption par les commerçants, en particulier dans les petites villes et les zones rurales. Malgré la réduction des frais pour les commerçants, le plus grand défi sera de voir si ces derniers choisissent d’absorber les coûts ou de les transférer aux consommateurs, notamment pour les achats de grande valeur. Il est important de noter que les commerçants ne seront pas autorisés à répercuter les frais sur les clients, affirmant que la charge de 0,4 % est gérable.
Ce changement représente un moment charnière dans le paysage des paiements numériques en Inde, redéfinissant les relations financières au sein de l’écosystème UPI et établissant un précédent pour les développements futurs dans le secteur.