Des dizaines de demandeurs d’asile détenus après une convocation de l’Office des étrangers
Depuis le début de l’année 2026, 68 personnes ont été placées en centres fermés après avoir assisté à des entretiens à l’Office des étrangers, un chiffre qui approche déjà le total de 71 pour l’ensemble de l’année 2025, selon un rapport du Soir. Cette pratique alarmante a suscité des critiques de la part des organisations défendant les droits des étrangers, tandis que la Cour de cassation en maintient la légalité.
La question a été mise en lumière suite à la détention d’une personne d’origine palestinienne le 21 mai, après avoir reçu une convocation pour un entretien à l’Office des étrangers. L’administration a justifié cette détention en affirmant que la personne n’avait pas respecté les ordres de quitter le territoire et présentait un risque de fuite. Toutefois, l’avocat de la personne conteste cette affirmation, soulignant que son client a des attaches en Belgique, y compris un partenaire et un enfant à naître, et a assisté aux rendez-vous nécessaires.
Après avoir examiné cette affaire, la Cour de cassation n’a trouvé aucune preuve de mauvaise conduite de la part de l’Office. Elle a souligné qu’il n’existe aucune obligation légale pour l’administration d’informer les personnes qu’une arrestation peut survenir ou de préciser les raisons de leur convocation.
Les implications plus larges de cette situation posent un dilemme pour les demandeurs d’asile. Selon des avocats spécialisés et Ciré, une organisation dédiée à la défense des droits des personnes déplacées, ne pas se conformer à une convocation pourrait être perçu comme un abandon de leur demande d’asile. Pourtant, la conformité peut mener à une détention en centres fermés.
L’Office des étrangers a déclaré qu’il ne recourt à aucune forme de « tromperie » et n’a pas l’intention de modifier ses procédures actuelles.
Les demandeurs d’asile en Belgique font face à des choix difficiles lorsqu’ils sont convoqués, et la pratique de détention après des entretiens soulève d’importantes préoccupations en matière de droits de l’homme. Alors que la situation continue d’évoluer, les ramifications juridiques et éthiques demeurent un sujet de discussion pressant parmi les experts juridiques et les défenseurs des droits humains.