Les marais le long de la frontière belge et française offrent des environnements très différents pour les oiseaux migrateurs. Du côté belge, désigné comme zone naturelle protégée, ils servent de sanctuaire, tandis que le côté français fonctionne comme une zone de chasse où les oiseaux sont attirés avec des appâts et des pratiques de nourrissage intensif. Chaque année, des centaines d’oiseaux, principalement des canards, sont abattus au cours de la saison de chasse qui débute à la fin août.
Nicolas Schümmer, chargé de plaidoyer et de campagne à la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO), a détaillé les tactiques employées par les chasseurs français pour maximiser leur prise. “Ils se positionnent parfois à seulement cinq mètres de la frontière. Avant cela, ils habituent les oiseaux à traverser la frontière en éparpillant des grains de l’autre côté, incitant ainsi les canards à s’aventurer pour se nourrir,” a-t-il expliqué.
“En général, la chasse se termine en seulement deux jours.”
“Ils utilisent également ce qu’on appelle des leurres : des canards maintenus en cage qui criaient à l’aide, ou des canards plus petits qui sont enchaînés dans un étang. Naturellement, leurs appels attirent d’autres canards de l’autre côté de la frontière, qui deviennent alors des cibles,” a ajouté Schümmer. “C’est véritablement un massacre chaque année, avec environ 500 oiseaux franchissant la frontière pour être abattus. Et cela se produit très rapidement. En général, la chasse se termine en seulement deux jours.”