Aujourd’hui: Oct 13, 2026
La rentrée scolaire débute en Belgique dans un climat de tensions enseignants face aux coupes gouvernementales

La rentrée scolaire débute en Belgique dans un climat de tensions enseignants face aux coupes gouvernementales

La prochaine année scolaire en Belgique s’ouvrira dans un contexte de nouvelles manifestations de la part des enseignants contre les mesures économiques mises en place par le gouvernement MR-Engagés. La fin de l’année scolaire précédente avait déjà été marquée par une mobilisation significative des éducateurs s’opposant à ces mesures.

“Non, le climat n’a pas refroidi dans les écoles—pas du tout !” a déclaré Roland Lahaye, secrétaire général du CSC-Enseignement, lors d’un interview avec Belga. Pour illustrer cette mobilisation continue, les syndicats ont annoncé un appel à l’action qui se poursuivra jusqu’au 27 septembre, une date choisie pour coïncider avec la Journée de la Communauté française. “Si aucune des mesures les plus impactantes n’est retirée et si aucune réelle consultation du gouvernement n’est effectuée d’ici le 27 septembre, nous risquons d’avoir un mouvement qui pourrait persister,” a averti Adrien Rosman, coordinateur communautaire de Setca-SEL.

Si aucune des mesures les plus impactantes n’est retirée et si aucune réelle consultation du gouvernement n’est effectuée d’ici le 27 septembre, nous risquons d’avoir un mouvement qui pourrait persister

Le collectif indépendant « Mars Attacks », à l’origine des manifestations du printemps dernier, a également promis de renouveler ses efforts à l’approche de la nouvelle année scolaire. En plus des dénonciations politiques des mesures gouvernementales, les manifestations prennent une dimension juridique, plusieurs enseignants ayant saisi la Cour constitutionnelle pour suspendre et annuler les décisions de la majorité. Un jugement préliminaire sur la demande de suspension est attendu dans les mois à venir.

Stress et incertitudes

Actuellement, l’atmosphère dans les écoles est marquée par le stress et l’incertitude. De nombreux enseignants ne sont pas sûrs de leurs rôles pour l’année à venir à la suite des réformes gouvernementales récentes. Malgré les mesures de soutien promises, beaucoup craignent de perdre des heures d’enseignement. Les témoignages d’enseignants licenciés et contraints de chercher des heures dans d’autres écoles, souvent éloignées de leur lieu d’origine, sont de plus en plus partagés sur les réseaux sociaux et dans la presse.

Le nouveau trimestre pose également d’importants défis pour les chefs d’établissement, qui doivent réorganiser les affectations des enseignants en raison d’une charge de travail accrue et informer ceux dont les postes ne sont plus sécurisés. De plus, l’introduction d’un curriculum commun en première année de l’enseignement secondaire cette année entraînera d’autres changements organisationnels. “Cela rend le début de cette année scolaire très compliqué pour les chefs d’établissement,” a admis Alain Koeune, directeur de Notre-Dame de Dinant et président de l’association des directeurs d’écoles secondaires (Feadi).

En réponse aux griefs des enseignants, la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny (MR) a exprimé, durant l’été, son engagement à rétablir le dialogue avec le secteur éducatif. Une proposition en ce sens est actuellement à l’étude par le gouvernement. “L’objectif est d’impliquer les acteurs plus tôt dans le processus de réforme pour évaluer la faisabilité sur le terrain et la durabilité, tout en maintenant les consultations et négociations existantes,” a précisé son cabinet mardi.

Nombreuses incertitudes

Sur le plan législatif, deux enjeux clés devraient dominer les discussions au sein de la majorité au cours des dix prochains mois.

Le premier concerne l’instauration de contrats permanents pour les enseignants (CDI-E), que le gouvernement prévoit d’offrir à tous les nouveaux enseignants à partir de l’année scolaire 2027. Cependant, ce projet fait face à des préoccupations budgétaires significatives, principalement en raison des taux de cotisations patronales. Actuellement, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne paie que 5,26 % de cotisations sur les salaires des enseignants statutaires. Pour les enseignants sous CDI, ce taux passerait à 23,62 %, ce qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros de plus pour une Fédération déjà en difficulté financière.

Depuis l’année dernière, des discussions sont en cours avec le gouvernement fédéral pour trouver une solution afin d’atténuer ce fardeau financier, mais aucune résolution n’a été trouvée jusqu’à présent.

Le second enjeu tourne autour de l’organisation du nouveau curriculum commun en deuxième et troisième années de l’enseignement secondaire. L’ensemble du secteur éducatif attend avec impatience les textes législatifs pertinents, puisque le curriculum commun doit être mis en œuvre dans un an.

Comme l’envisage le Pacte pour un enseignement excellent, plusieurs acteurs du domaine éducatif espèrent également la réorganisation des quatrième, cinquième et sixième années de l’enseignement secondaire pour mieux s’aligner avec le nouveau curriculum commun.

Interrogé à ce sujet, le cabinet de la ministre Glatigny a suggéré une approche prudente. “Dans un contexte où les enseignants ont exprimé leurs préoccupations et leur fatigue face au rythme et à l’accumulation des réformes ces derniers mois, il serait incohérent de lancer rapidement un nouveau projet de réforme majeur,” ont-ils déclaré.

Enfin, à la suite de la réforme des rythmes scolaires annuelle (sous la législature précédente), la question des rythmes quotidiens est appelée à avancer. L’objectif est de mieux aligner la journée scolaire avec les rythmes biologiques des élèves, de repenser les pratiques de devoirs et d’améliorer les temps de repas et les espaces communs. Le gouvernement a chargé la Fondation Roi Baudouin de mener une analyse approfondie sur ce sujet, avec un rapport attendu le mois prochain.

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