Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 43,8 % des voix lors des élections régionales du 6 septembre 2026 en Saxe-Anhalt, sécurisant ainsi 39 des 83 sièges. Le parti est à trois sièges d’une majorité absolue et ne peut pas gouverner seul. Le parlement régional doit se réunir le 6 octobre.
Le programme gouvernemental final du parti, qui compte 258 pages, propose des modifications concernant la protection constitutionnelle, l’éducation politique, le financement public, la radiodiffusion publique, l’administration des migrations et la sécurité locale. Plusieurs mesures nécessiteraient une législation fédérale, des accords avec d’autres États ou un examen judiciaire.
Protection constitutionnelle et éducation politique
Le service de renseignement intérieur de Saxe-Anhalt a classé l’organisation régionale de l’AfD comme une initiative d’extrême droite confirmée depuis octobre 2023. Cette classification est contestée, tandis que la surveillance et les rapports publics restent autorisés selon la législation actuelle.
Le programme de l’AfD propose de recentrer le service sur la violence, le terrorisme et l’espionnage, et de mettre fin aux rapports publics que le parti considère comme politiques. La proposition est présentée comme une mesure de protection des libertés civiles, mais elle pourrait restreindre le contrôle public sur les activités non violentes ou politiquement organisées dirigées contre l’ordre constitutionnel. Un gouvernement régional ne pourrait pas légalement ordonner au service d’ignorer ses obligations statutaires.
Le programme appelle également à remplacer le Centre d’État pour l’éducation politique existant par un institut axé sur l’éducation politique d’État et l’identité culturelle. Il accuse le centre actuel et les organisations partenaires, y compris École sans racisme, d’endoctrinement de gauche. La gouvernance, les nominations et les garanties du programme de l’institution proposée ne sont pas spécifiées.
Financement public et radiodiffusion
Les associations cherchant un financement institutionnel ou de projet devraient affirmer à la fois l’ordre démocratique et une orientation patriotique. Le programme ne définit pas qui déterminerait si une organisation répond à cette norme ni n’établit un processus d’appel indépendant. Les critiques pourraient donc faire face à une incertitude quant à l’accès aux subventions publiques, bien que la proposition elle-même ne précise pas comment elle serait mise en œuvre.
L’AfD propose également de mettre fin aux traités de radiodiffusion d’État, d’abolir la redevance audiovisuelle, de revoir les pensions des médias publics, de réduire le soutien à la station communautaire Radio Corax et de restructurer l’autorité médiatique de l’État. Elle affirme que la supervision des médias devrait être politiquement neutre et professionnellement qualifiée. Les traités, les protections médiatiques constitutionnelles et les positions d’autres États limiteraient les actions unilatérales.
Migrations et sécurité locale
Le programme appelle à la création d’une task force sur les expulsions dirigée par les ministres de l’Intérieur et de la Justice, à un bureau et un commissaire pour la remigration, à une augmentation des vols d’expulsion et à des directives plus restrictives pour les bureaux locaux d’immigration. Il propose également de mettre fin à la voie de citoyenneté par droit du sol et de rendre la privation de citoyenneté la norme pour certains délinquants graves ayant la double nationalité, sous réserve de la législation fédérale et des limites constitutionnelles.
Des patrouilles municipales bénévoles seraient établies comme une structure de sécurité locale supplémentaire. Le programme indique qu’elles resteraient subordonnées aux autorités municipales, recevraient une formation et n’effectueraient que des tâches auxiliaires. Il ne précise pas les garanties détaillées concernant le recrutement, les pouvoirs, les uniformes, l’accès aux données, les plaintes ou la supervision indépendante.
Le matériel source indique que le programme ne propose pas d’expulser les citoyens allemands en tant que catégorie générale. Un tribunal administratif de Cologne a déclaré en février 2026 que les preuves disponibles ne démontraient pas avec suffisamment de certitude que l’AfD fédérale dans son ensemble prévoyait de nier l’égalité de statut juridique aux citoyens d’origine migratoire. Le tribunal a néanmoins identifié une forte suspicion persistante d’activités anticonstitutionnelles et des demandes individuelles qu’il considérait incompatibles avec l’égalité constitutionnelle.
Contexte juridique et institutionnel
En février 2026, le tribunal administratif de Cologne a temporairement interdit à l’agence fédérale de renseignement intérieur de traiter l’ensemble de l’AfD comme une organisation extrémiste confirmée en attendant l’affaire principale. Le tribunal a déclaré que les éléments matériels soutenaient une forte suspicion d’efforts anticonstitutionnels au sein du parti, mais ne justifiaient pas encore d’attribuer une tendance anticonstitutionnelle définissante au parti dans son ensemble.
La classification étatique est plus forte mais contestée. Un rapport d’État de 2025 a cité un jugement d’un tribunal administratif de mars 2025 qui a constaté que la rhétorique du parti d’État était capable d’éroder la confiance dans les institutions démocratiques et d’encourager la disposition à un renversement violent parmi les partisans. Il s’agissait d’une évaluation judiciaire de l’effet et de la direction de la rhétorique, et non d’une constatation que les dirigeants de l’AfD avaient préparé un plan de coup opérationnel.
Le document source décrit également un incident de septembre 2024 en Thuringe, où le président senior de l’AfD avait initialement refusé de permettre un vote sur un ordre du jour révisé avant l’élection du président du parlement. La Cour constitutionnelle thuringienne lui a ordonné de permettre le vote et de respecter l’autorité du parlement sur sa propre procédure. Il a obtempéré lorsque la séance a repris.
Les preuves disponibles ne démontrent pas un plan de l’AfD pour un coup armé, la suspension des élections ou la saisie illégale de bâtiments gouvernementaux. Elles ne prouvent pas non plus que chaque membre du parti partage des objectifs extrémistes ou que chaque proposition survivrait à un examen constitutionnel. Le programme documenté décrit plutôt une expansion potentielle du contrôle gouvernemental sur les nominations, les budgets, la supervision, les médias, l’éducation civique et l’application des lois, les conséquences dépendant de la mise en œuvre et de l’efficacité des garanties institutionnelles.