Le gouvernement bruxellois a finalisé son budget pour 2027, visant à réduire le déficit régional à 719 millions d’euros, contre 957 millions d’euros prévus pour 2026. La trajectoire définie prévoit un déficit de 416 millions d’euros en 2028, avec l’objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2029. Plusieurs mesures auront des impacts concrets sur l’administration, l’emploi, la mobilité, le logement et la sécurité.
Le gouvernement dirigé par Boris Dilliès (MR) prévoit d’atteindre une part significative de ces réductions au sein de l’administration régionale. Un gel des embauches dans le secteur public bruxellois se poursuivra jusqu’en 2027, en parallèle des efforts de réorganisation administrative en cours.
La structure Atlas, mise en place pour centraliser la gestion budgétaire, les ressources humaines, l’informatique, les services juridiques et la gestion des bâtiments, doit intégrer dix administrations à partir du 1er janvier. Selon des chiffres présentés par le ministre-président, ces réformes devraient générer des économies de 74 millions d’euros en coûts de personnel, 39 millions d’euros en dépenses opérationnelles, et 7 millions supplémentaires en provenance de Bruxelles Environnement.
La politique des départs volontaires et la non-remplacement de certains retraités se poursuivront également.
STIB, stationnement et véhicules : changements attendus
Le gouvernement promet qu’aucune augmentation spécifique des tarifs de la STIB ne sera appliquée ; toutefois, les prix pourraient être ajustés selon un index lié à l’inflation. L’entreprise de transport devra contribuer aux économies, potentiellement en reportant certains investissements, comme l’indique RTBF. Bruxelles Mobilité devrait également retarder certaines dépenses.
Parking.brussels doit générer au moins 6 millions d’euros de revenus supplémentaires par an sans augmentation annoncée des tarifs de stationnement. Cette initiative vise à améliorer le contrôle, la collecte d’amendes, et les revenus des installations de stationnement public.
Une réforme de la fiscalité automobile est également anticipée. Les petits véhicules urbains et les véhicules zéro émission seront exemptés de la taxe routière annuelle à partir de la seconde moitié de 2027, tandis que les véhicules plus grands et plus lourds seront soumis à des pénalités fiscales accrues.
De plus, le gouvernement prévoit d’esquisser un nouveau plan régional de mobilité d’ici fin 2028. Un programme d’investissement axé sur les ponts, tunnels et viaducs devrait être proposé dès novembre 2026, en ce qui concerne notamment les tunnels du Bailli et de Vleurgat.
Emploi : Actiris recentré et 55 millions d’euros pour 2027
L’emploi reste une priorité, avec un budget alloué de 55 millions d’euros pour 2027, augmentant progressivement à 75 millions d’euros d’ici 2029. Actiris souhaite renforcer son soutien aux chercheurs d’emploi, en visant à avoir sept agents sur dix déployés sur le terrain. Tous les nouveaux inscrits devraient recevoir une assistance dans un délai de 15 jours.
Le gouvernement aspire à atteindre un taux d’emploi de 70 % à Bruxelles d’ici 2030, soit 50 000 emplois supplémentaires. Par ailleurs, 2 millions d’euros par an seront dédiés à l’amélioration du bilinguisme français-néerlandais dans les administrations, les autorités locales et les hôpitaux. Les aides Activa, représentant 27 millions d’euros, seront progressivement supprimées et remplacées par un nouveau soutien ciblant les employeurs qui embauchent des habitants éloignés du marché du travail.
Propriétaires : doublement de la Subvention Be Home et prêts à zéro pour cent
Pour les propriétaires à Bruxelles occupant leur résidence principale, la Subvention Be Home passera de 164 à 328 euros dès l’année fiscale 2027. Le gouvernement a également approuvé une réduction préliminaire de 1 % des taux d’imposition sur le revenu des personnes physiques.
En matière de rénovation, 66 millions d’euros par an seront alloués à compter de 2027 pour des prêts à zéro pour cent destinés à l’énergie et à la rénovation. Ce nouveau mécanisme, attendu pour le printemps, remplacera progressivement les subventions Renolution, en s’axant sur les ménages ayant besoin de soutien financier.
Un budget de 104 millions d’euros est également prévu pour Citydev.brussels afin de faciliter la construction et la vente de plus de 1 000 unités de logement.
Financement du logement social : tensions entre le PS et Bouchez
Cependant, un désaccord majeur persiste concernant la recapitalisation de la Société régionale du logement de Bruxelles (SLRB). À l’issue du conclave budgétaire, l’aile socialiste a annoncé que l’accord budgétaire comprendrait la libération de 131 millions d’euros destinés à la SLRB pour 2026, conformément à l’accord de coalition.
Georges-Louis Bouchez a contesté cette affirmation, déclarant qu’« aucun accord n’a été conclu » pour débloquer ces fonds tant que Lotfi Mostefa reste président de l’Association du logement d’Anderlecht. Il affirme que cette position est en adéquation avec celle du ministre-président Boris Dilliès.
Le litige autour des 131 millions d’euros demeure politiquement sensible, malgré la conclusion du conclave budgétaire.
Augmentation du financement pour les communes, CPAS et sécurité
Le budget inclut 15 millions d’euros supplémentaires pour les communes et les CPAS, spécifiquement pour faire face aux impacts de la réforme fédérale du chômage. Ahmed Laaouej (PS), le ministre de l’Action sociale, a également annoncé 6,3 millions d’euros pour maintenir certains programmes de prévention des addictions menés par ASBL Transit, ainsi que 5 millions pour lutter contre le décrochage scolaire à travers les gouvernements locaux et le secteur associatif.
De plus, 5 millions d’euros sont prévus pour 2027 afin d’améliorer la sécurité, la propreté et l’amélioration des espaces publics autour des gares. SIAMU recevra également des fonds supplémentaires, avec 10 millions d’euros alloués pour renforcer le personnel, auquel s’ajouteront 92 nouvelles recrues en 2027. Un surplus de 20 millions d’euros est prévu pour le futur siège du service.
Réactions mitigées
Voka Bruxelles Métropolitain a salué la trajectoire budgétaire proposée. L’organisation patronale se déclare satisfaite de la réduction du déficit prévue et de l’objectif d’équilibre budgétaire d’ici 2029, tout en soulignant la nécessité de stimuler rapidement la croissance économique et l’emploi.
À l’inverse, le N-VA exprime des doutes. Le chef de groupe du parti au Parlement bruxellois, Gilles Verstraeten, affirme que les économies annoncées reposent trop sur des réformes administratives, dont l’efficacité reste à prouver. Il remet en question la crédibilité de l’objectif d’équilibre pour 2029 et accuse le gouvernement de retarder des décisions difficiles.
Le PTB, quant à lui, fait part de ses inquiétudes concernant une éventuelle « austérité cachée ». Françoise De Smedt redoute que la poursuite du gel des embauches dans le secteur public et les économies imposées à diverses entités régionales puissent entraîner un déclin des services offerts à la population. Le gouvernement défend sa stratégie visant à réduire significativement le déficit sans augmenter directement de nombreux coûts pour les résidents. Les précisions sur la manière dont certaines économies seront réalisées, ainsi que la controverse entourant le financement de la SLRB, devraient continuer à alimenter le débat au Parlement bruxellois.