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La vente de 19 bâtiments d'Infrabel à Schaerbeek plonge des dizaines d'habitants dans l'incertitude

La vente de 19 bâtiments d’Infrabel à Schaerbeek plonge des dizaines d’habitants dans l’incertitude

À Schaerbeek, la vente de 19 immeubles appartenant à Infrabel, situés rue du Progrès, soulève des inquiétudes quant à l’avenir d’une occupation collective. Près de quarante personnes se trouvent en quête de solutions pour continuer à vivre dans la commune. L’association Woningen 123 Logements, en charge de cette occupation, a interpellé le conseil communal ce jeudi soir afin d’obtenir des réponses concernant les mesures à prendre pour remédier à cette situation.

Une vie collective depuis 2009

Depuis 2009, l’association Woningen 123 Logements encadre l’occupation de plusieurs bâtiments d’Infrabel, rue du Progrès, à Schaerbeek. Environ 150 personnes en situation de précarité y ont été accueillies au fil des ans, incluant des familles à faibles revenus, des personnes sans papiers et des demandeurs d’asile.

Lors du dernier conseil communal de Schaerbeek, il a été précisé qu’environ 80 ménages sont toujours présents dans ces bâtiments, selon l’estimation du collège communal.

Initialement, ces bâtiments devaient être démolis pour faire place à un nouveau viaduc ferroviaire, projet envisagé depuis 2005. Toutefois, en juin 2025, Infrabel a annoncé qu’une modification du tracé rendait la démolition de 19 immeubles, situés entre les numéros 214 et 270, finalement inutile. Le gestionnaire ferroviaire a donc décidé de les revendre, ce qui va entraîner la fin progressive des occupations. Bien que annoncée il y a plus d’un an, la vente de ces immeubles n’est pas encore assortie d’un calendrier public précis.

Une quarantaine de personnes cherchent à se reloger

Lors du conseil communal, l’association a sollicité un soutien financier pour organiser les déménagements, pour la recherche d’un nouveau bâtiment et pour la mise à disposition temporaire d’un local où entreposer son matériel. Son objectif est de trouver une solution pour une quarantaine de personnes qui souhaitent continuer leur vie à Schaerbeek, déjà intégrées dans la vie locale, avec des enfants qui fréquentent les écoles du quartier nord.

“Nous ne demandons pas à la commune de résoudre ce problème seule. Nous sommes ouverts à explorer toutes les pistes, qu’il s’agisse de bâtiments communaux inoccupés, de patrimoine d’acteurs publics partenaires ou de projets de réhabilitation temporaire. Notre but est d’éviter que la fermeture de la rue du Progrès ne mette fin à l’association et ne disperse une communauté qui s’est construite au fil de 13 ans d’efforts collectifs,” a plaidé Frédéric Lignier, représentant de l’association.

La commune a également critiqué la gestion du dossier par Infrabel, dénonçant les conditions de logement de certains occupants. “Je suis assez scandalisée par la gestion de ce dossier par Infrabel. […] Infrabel est un partenaire public et je constate que certains locataires sont laissés dans des conditions inacceptables dans ce quartier. Il est impératif d’agir et d’interpeller Infrabel sur ses responsabilités,” a déclaré l’échevine Justine Harzé (PS). “Ces locataires ont payé un loyer et ont contribué à maintenir la valeur de ces biens. Certains se sont retrouvés sans électricité et sans eau, alors même que leur propriétaire est un partenaire public,” a-t-elle ajouté. Elle a également sollicité des moyens supplémentaires et des indemnisations pour les travaux faits par les habitants à Infrabel, sans réponse favorable jusqu’à présent.

La situation des immeubles fait débat depuis plusieurs années. Dans une interview en 2025, Infrabel avait rejeté les accusations de mauvaise gestion, affirmant que l’entretien relevait des occupants et de l’association Woningen 123 Logements, selon les conventions d’occupation. Cependant, l’association a estimé ne pas avoir les moyens nécessaires pour entreprendre des travaux structurels.

Des aides prévues, mais aucune solution durable pour le moment

Pour accompagner les habitants dans leurs départs, la commune a mis en place une prime de 3.000 euros par chef de ménage, majorée de 500 euros par enfant mineur à charge. Son attribution est soumise à plusieurs conditions, notamment le fait de résider dans l’un des immeubles concernés au 23 avril 2025. Ce dispositif a été adapté en mars 2026 pour inclure les habitants rejoignant une nouvelle occupation temporaire.

Lors du conseil communal, le groupe MR-Les Engagés a également mentionné une enveloppe de 20.000 euros destinée à soutenir l’association, ainsi qu’une demande de 33.000 euros pour financer les déménagements collectifs. Les modalités de ces financements restent cependant à préciser. Woningen 123 Logements souhaite notamment couvrir les frais de coordination, le défrayement des bénévoles et l’accompagnement des personnes les plus vulnérables, qui n’ont pas toujours les moyens d’organiser leur départ.

Sur le plan logistique, l’échevine Justine Harzé a annoncé qu’elle étudie la possibilité de mettre à disposition des conteneurs et des emplacements de stationnement gratuits pendant les déménagements. Une solution plus concrète a également été identifiée dans un bâtiment communal pour entreposer temporairement le mobilier et les équipements collectifs, notamment ceux de l’atelier vélo et de l’espace socioculturel.

Cependant, la question du relogement demeure entière, sans réponse immédiate. La commune a reconnu qu’elle ne dispose actuellement d’aucun bâtiment permettant d’accueillir durablement le collectif. L’association propose donc d’explorer d’autres pistes, telles que des bâtiments publics inoccupés ou de nouvelles conventions d’occupation temporaire, afin de permettre aux habitants de poursuivre leur vie à Schaerbeek.

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