Une étude menée par l’UCLouvain à la demande de la CSC met en lumière l’impact des allocations de chômage à durée limitée sur les bénéficiaires, soulignant leur fort attachement au marché du travail, tout en faisant face à des défis financiers considérables et à une insécurité de l’emploi. Publié vendredi, l’étude révèle que parmi 773 répondants, 87 % ont travaillé au cours de la dernière année ou recherchent activement un emploi, avec 39 % actuellement en quête d’un poste après un emploi récent, 37 % cherchant du travail sans emploi récent, et 11 % ayant travaillé mais ne recherchant pas d’emploi actuellement.
Seules 12,6 % des personnes interrogées rapportent qu’elles n’ont ni travaillé ni cherché activement un emploi récemment. Néanmoins, presque tous expriment au moins une contrainte, 68 % citant des problèmes de santé, 29 % se sentant découragés, et 22 % s’occupant d’une personne à charge ou en congé de maternité. L’étude estime que seulement 16 répondants, soit 2,4 % de l’échantillon, entrent dans le profil n’ayant pas de travail récent ni de recherche d’emploi, étant en bonne santé et dans une situation financière confortable.
Un désir d’emploi stable, des barrières à l’accès
Pour la grande majorité des répondants, le travail revêt une valeur significative. Un impressionnant 96 % estiment qu’il est essentiel pour gagner un revenu décent, tandis que 90 % le voient comme une opportunité d’interaction sociale ou de mise en pratique de leur profession choisie. Cependant, la stabilité de l’emploi semble faible, avec un peu plus de la moitié ayant entrepris des activités professionnelles ou connexes au cours de l’année précédant l’enquête, y compris des périodes d’ALE, des travaux temporaires, des contrats à temps partiel ou du bénévolat.
Environ 80 % des participants expriment un désir d’emploi permanent (CDI), mais seulement un quart pense qu’un tel contrat est à leur portée. En revanche, 46 % estiment qu’ils pourraient obtenir des emplois plus précaires, tandis que 27 % croient qu’aucun emploi n’est actuellement accessible pour eux.
Difficultés financières croissantes
L’enquête révèle de profondes conséquences financières liées à l’exclusion des allocations. Avant la cessation de leurs allocations, 61 % des répondants rapportaient des difficultés à joindre les deux bouts, un chiffre qui a grimpé à 96 % après l’exclusion. Quatre-vingt-dix pour cent ont réduit leurs activités de loisirs et leurs vacances ou envisagent de telles mesures, tandis que 60 % ont reporté des soins médicaux ou considèrent qu’ils devront le faire. De plus, 27 % affirment se priver de repas.
La nécessité d’une aide extérieure a également augmenté, 64 % des personnes déjà exclues espérant recevoir une aide du CPAS, une tendance observable principalement après la prise d’effet de l’exclusion.
La santé semble également être impactée, 39 % des répondants exclus décrivant leur santé physique et mentale comme mauvaise, contre 24 % de ceux eux confrontés à une exclusion imminente et 11 % de ceux dont la date de cessation reste incertaine.
Les résultats de l’étude sont basés sur des questionnaires complétés entre janvier et septembre par 773 individus affectés par la limitation dans le temps des allocations de chômage. La majorité des répondants, 78 %, résident en Wallonie, avec 21 % à Bruxelles. Au moment de l’enquête, près de trois quarts, soit 72 %, avaient déjà perdu leurs allocations.