Le MR propose d’équiper les jeunes délinquants de bracelets électroniques en réponse aux récentes vagues de dégradations observées en Belgique, survenues en marge des mobilisations contre la réforme de l’enseignement et les politiques du gouvernement fédéral. Des centaines d’arrestations ont eu lieu à Liège et à Bruxelles, impliquant principalement des mineurs. Pour certaines infractions graves, des jeunes ont été relâchés en raison du manque de places disponibles en IPPJ. Suite aux manifestations du 9 octobre à Bruxelles, le parquet a déclaré que 16 mineurs étaient suspects d’infractions suffisamment graves pour être placés dans ces établissements, mais qu’ils avaient finalement été remis en liberté.
Des décisions non appliquées
Cette proposition émane de Valérie Bluge, députée MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Lors d’une interpellation à l’égard de la ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés), en charge des Maisons de Justice et de l’Aide à la jeunesse, elle a souligné que le travail réalisé par la justice est souvent contré par le manque de moyens disponibles, envoyant ainsi un message ambigu à la jeunesse. « Cette situation fragilise la confiance dans la justice et prive ces jeunes d’une prise en charge immédiate », a-t-elle déclaré.
Une solution moins chère ?
Valérie Bluge a également fait valoir que la Flandre utilise déjà cette mesure depuis 2024 pour certains mineurs, afin de pallier le manque de places. Outre la surveillance, d’autres dispositifs tels que le suivi des horaires, des obligations scolaires et un accompagnement parental sont également prévus. Elle a précisé que le bracelet électronique ne devrait pas remplacer l’IPPJ, mais plutôt offrir un cadre de soutien, évitant ainsi que les jeunes soient relâchés sans un accompagnement adapté.
Concernant les coûts, la députée a mentionné que la surveillance électronique représente une alternative financièrement avantageuse. Une place en IPPJ coûte en moyenne 820 euros par jour, tandis qu’un bracelet électronique coûte environ 38 euros par jour, sans compter les frais d’accompagnement. « Ces montants ne sont pas directement comparables, mais justifient une évaluation sérieuse de cette alternative, tant sur le plan éducatif que financier », a-t-elle ajouté.
Une réaction officielle
En réaction, la ministre Lescrenier a indiqué dans un entretien à Sudinfo que cette option est envisageable à condition que les modalités soient clairement définies, sans reproduire intégralement les peines appliquées aux adultes. Elle a souligné l’importance de l’accompagnement, mentionnant un projet pilote pouvant mobiliser un budget d’un million d’euros pour suivre 40 mineurs dans des situations très spécifiques.
150 arrestations samedi
Le samedi suivant, une nouvelle mobilisation a été signalée à Bruxelles, entraînant 150 arrestations, dont de nombreux mineurs encore très jeunes. Des dégradations significatives ont été observées, avec des vitrages brisés et des véhicules incendiés ou vandalisés. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), a dénoncé une « violence pure » qui vise à « déstabiliser la société ». De son côté, le ministre PS Ahmed Laaouej a réagi après l’attaque du siège bruxellois de son parti par des jeunes dans les Marolles, condamnant fermement ces « idiots » qui s’en prennent aux biens alors qu’il est important de distinguer les vandales des jeunes manifestants.
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