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Dossier i-Police : des soupçons de violation du secret de l'instruction au sein du cabinet de la ministre de la Justice

Dossier i-Police : des soupçons de violation du secret de l’instruction au sein du cabinet de la ministre de la Justice

La ministre fédérale de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a démenti ce mardi soir que son cabinet ait violé le secret de l’instruction dans le dossier i-Police. Son porte-parole et la porte-parole néerlandophone du parquet de Bruxelles ont été inculpés pour violation présumée du secret professionnel. Le collaborateur de la ministre est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir des informations confidentielles sur l’enquête judiciaire auprès de la porte-parole du parquet, selon un rapport de Belga.

Pour mémoire, Annelies Verlinden avait déjà fait l’objet de critiques en janvier 2026 suite à la révélation de ses liens professionnels passés avec Sopra Steria. En avril 2019, un an et demi avant d’occuper le poste de ministre de l’Intérieur, elle avait défendu l’entreprise française dans un litige relatif à un marché informatique du Parlement européen. Sopra Steria a ensuite remporté le marché i-Police en 2021, sous son ministère. La ministre avait alors nié tout conflit d’intérêts et assuré que les deux dossiers étaient sans lien.

Des soupçons autour du marché i-Police

Le dossier concerne un vaste projet de modernisation informatique des polices fédérale et locales, attribué en 2021 à la société française Sopra Steria pour un montant d’environ 299 millions d’euros. Ce programme, marqué par de nombreux retards et des résultats jugés insuffisants, a été suspendu fin 2025 par le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR). Une enquête judiciaire est en cours, notamment pour des soupçons de détournement de fonds publics et de conflit d’intérêts.

Selon des sources de Le Soir et De Standaard, le collaborateur de la ministre serait soupçonné d’avoir tenté d’obtenir des renseignements confidentiels de la porte-parole du parquet concernant l’enquête sur ce projet controversé. Cette dernière est suspectée d’avoir transmis des informations soumises au secret professionnel.

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête préliminaire au début de l’année 2026 pour des soupçons de détournement de fonds publics et de conflit d’intérêts, qui a depuis évolué vers une instruction judiciaire. Les faits ayant conduit aux inculpations des deux porte-parole ont été découverts au cours de ces investigations. Il n’est pas établi à ce stade si ces informations ont été transmises à la ministre elle-même. Les inculpations ne signifient cependant pas une déclaration de culpabilité.

Annelies Verlinden rejette les accusations et réclame la transparence

Dans un message publié sur Facebook, Annelies Verlinden a dénoncé la publication répétée d’informations liées aux enquêtes dans les médias. “Ces fuites, visiblement orchestrées, portent atteinte à ma personne ainsi qu’à d’autres personnes de mon entourage. Elles constituent en outre une violation du secret de l’instruction, auquel j’accorde une grande importance en tant que ministre de la Justice. Je rejette catégoriquement l’accusation selon laquelle mon cabinet aurait violé ce secret”, a-t-elle déclaré.

La ministre a également nié tout conflit d’intérêts, affirmant : “Il n’y a eu ni conflit d’intérêts ni prise d’intérêt illicite”. Elle a précisé que les collaborateurs concernés avaient déjà fourni des explications aux enquêteurs et qu’elle avait proposé, de sa propre initiative, de répondre aux autorités compétentes. “Aucune suite n’a encore été donnée à cette proposition, mais elle reste bien sûr valable”, a-t-elle ajouté. Annelies Verlinden s’est enfin déclarée prête à “faire à nouveau preuve d’une transparence totale au Parlement”. “Sur la base des informations dont je dispose, je n’ai aucune raison de douter de la légalité de l’intervention de mon porte-parole”, a-t-elle conclu.

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