L’OCDE demande au gouvernement belge en difficulté des coupes budgétaires et des réformes structurelles
Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) incite de nouveau la Belgique à redresser son budget
Le mardi, l’OCDE a publié un rapport recommandant à la Belgique d’adopter une approche plus préventive en matière de santé et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Il est suggéré d’introduire un système de rémunération plus flexible dans le cadre de réformes structurelles plus larges pour relever les défis économiques.
Bien que l’économie belge ait montré une certaine résilience face à plusieurs chocs économiques mondiaux négatifs ces dernières années, les tensions géopolitiques persistantes et la hausse des prix de l’énergie devraient freiner la croissance. L’OCDE met en garde que ces facteurs pourraient aggraver des problèmes structurels persistants tels qu’une dette publique élevée et une population vieillissante.
L’OCDE prévoit que le déficit budgétaire et la dette publique de la Belgique sont susceptibles d’augmenter davantage. En 2025, la dette publique devrait atteindre 108 % du produit intérieur brut (PIB), avec un déficit budgétaire estimé à 5,2 %. Pour stabiliser la dette publique à 110 %, la Belgique devra mettre en œuvre des économies supplémentaires équivalentes à 3,5 % du PIB d’ici 2035, suivant les efforts en cours pour économiser 1,5 % d’ici 2029.
Malgré les plans de consolidation budgétaire déjà existants, le rapport souligne l’urgente nécessité d’améliorer la durabilité des finances publiques, car tant la dette publique que le déficit devraient continuer à augmenter.
Pour répondre à ces problèmes systémiques croissants, l’OCDE recommande que la Belgique priorise les réformes budgétaires et les coupes dans les dépenses, compte tenu des niveaux d’imposition déjà élevés. L’organisation souligne l’importance de réformer la sécurité sociale, la santé et l’éducation dans le cadre de ces mesures.
D’autres recommandations se concentrent sur la garantie de la durabilité du système de retraite belge en poursuivant le développement du système de bonus-malus et en ajustant l’âge de la retraite pour l’aligner sur l’augmentation de l’espérance de vie.
En ce qui concerne la politique fiscale, l’élimination de nombreuses exonérations fiscales est suggérée. Des économistes au sein de l’OCDE proposent de repenser les impôts sur le capital et la richesse pour créer un système plus équitable qui améliorerait également la collecte des revenus.
Dans le secteur de la santé publique, le rapport appelle la Belgique à améliorer l’efficacité, surtout à mesure que la demande de soins augmente avec le vieillissement de la population. Un accent accru sur les mesures préventives est conseillé pour réduire la dépendance aux soins hospitaliers.
Pour atteindre les objectifs climatiques, l’OCDE appelle à une transition accélérée vers les énergies renouvelables. Tout en plaidant pour un changement de la taxation sur l’électricité vers le gaz et le pétrole, elle recommande également de supprimer les subventions aux combustibles fossiles.
Enfin, pour améliorer la compétitivité dans les secteurs industriels, un mécanisme de fixation des salaires plus flexible est préconisé par l’OCDE.
Alors que le rapport est publié, des tensions persistent entre les partenaires de la coalition au sein du gouvernement belge concernant les réformes nécessaires. Le Premier ministre De Wever a présenté sa démission lundi, dans une tentative de pousser ses partenaires à agir.
, rapporte 24brussels.