Le Comité de surveillance de la langue flamande (VCT) a déterminé que plusieurs panneaux routiers dans les communes à facilités linguistiques le long du Ring ne respectent pas la législation linguistique. Cette conclusion fait suite à une plainte d’un groupe de défense francophone, comme l’a rapporté La DH. Selon la ministre flamande Annick De Ridder (N-VA), une communication en néerlandais suffit et une traduction en français est jugée inutile.
Les panneaux contestés sont rédigés uniquement en néerlandais et dirigent les automobilistes vers ‘Bergen’ et ‘Namen’, plutôt que vers ‘Mons’ ou ‘Namur’. Cependant, ces panneaux se trouvent à Wemmel, une commune flamande disposant de dispositions constitutionnelles pour les francophones. Par conséquent, toute communication publique doit se faire en deux langues, néerlandais et français.
Michel Legrand, représentant de Gerfa (Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative), a exprimé son mécontentement face à ces panneaux monolingues. En tant que responsable du groupe de défense qui veille au respect des lois linguistiques, Legrand soutient que la plainte a été déclenchée par l’exigence légale d’une communication bilingue. Il a également souligné des problèmes de clarté, en affirmant que désigner Mons comme Bergen peut être source de confusion sur un axe de circulation international majeur comme le Ring.
“Des panneaux bilingues seraient préférables, comme cela est mis en œuvre avec succès dans la Région de Bruxelles-Capitale. C’est une question de clarté, de sécurité routière, et de bon service au public,” a-t-il souligné.
Conflit linguistique
La question de la langue affichée sur les panneaux est depuis longtemps un sujet sensible en périphérie. Par le passé, des panneaux bilingues ont souvent été endommagés, une des inscriptions étant obscurcie, notamment près des frontières communales.
Wemmel n’est pas la seule commune à facilités linguistiques ; d’autres autour de Bruxelles incluent Kraainem, Wezembeek-Oppem, Drogenbos, Linkebeek et Sint-Genesius-Rode. La recommandation du VCT pourrait également s’appliquer à ces communes, bien que le comité n’ait pas formulé de déclaration définitive à ce sujet.
Le Ring traverse également des communes flamandes sans facilités linguistiques, telles que Grimbergen et Dilbeek, où des panneaux monolingues sont autorisés. Legrand a précisé que l’objectif de la plainte n’est pas de raviver le conflit linguistique. “Notre plainte n’est absolument pas motivée par une forme de radicalisme. Nous voulons simplement que la législation linguistique soit correctement appliquée : c’est un aspect essentiel de notre État fédéral.”
Territoire flamand
L’Agence flamande des routes et de la circulation a renvoyé les demandes de commentaires à la ministre Annick De Ridder (N-VA). Un porte-parole a déclaré qu’ils “ne se plieront certainement pas” à la recommandation du comité.
“Wemmel est et reste un territoire flamand. Le fait que la commune dispose de facilités linguistiques ne change rien à cela,” a répondu Xavier Lesenne, porte-parole de la ministre De Ridder. “Ces facilités sont des exceptions légalement établies et ne peuvent pas être utilisées pour transformer une commune flamande ou le gouvernement flamand en une entité structurellement bilingue.”
“Les panneaux routiers en question ne sont pas spécifiquement dirigés vers les habitants de Wemmel mais vers tous ceux qui entrent sur le Ring. L’analyse juridique est claire : pour une telle communication au grand public dans la région néerlandophone, le néerlandais doit être utilisé,” a soutenu le porte-parole. “Il n’y a aucune raison de modifier ces panneaux. La législation linguistique doit être correctement appliquée, et les facilités ne doivent pas permettre un bilinguisme généralisé.”
Si la Région flamande ne se conforme pas à la recommandation du VCT, Gerfa envisage de saisir le Conseil d’État.