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Bruxelles en difficulté face aux soins en toxicomanie avec des délais d'attente de onze mois

Bruxelles en difficulté face aux soins en toxicomanie avec des délais d’attente de onze mois

Alors que Bruxelles continue de faire face à une violence persistante liée à la drogue, le nombre de places résidentielles disponibles dans les soins pour les toxicomanes est resté inchangé depuis trois ans. En conséquence, les délais d’attente ont atteint jusqu’à onze mois, selon des chiffres partagés par Benjamin Dalle, membre du parlement bruxellois du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V).

Actuellement, il y a 63 places résidentielles dans le réseau de soins pour la dépendance géré par Iriscare. Cela inclut 9 places d’urgence, 10 places pour des séjours courts et 44 logements de longue durée disponibles pour les personnes ayant des problèmes de dépendance pendant une période allant jusqu’à deux ans. Dalle souligne que cette capacité est restée statique au cours des trois dernières années, alors que de nombreuses personnes sont sur des listes d’attente depuis longtemps.

Pour l’hébergement d’urgence au centre Enaden à Saint-Gilles, le délai d’attente a atteint environ deux mois. Ceux qui recherchent des options de séjour court doivent faire face à un délai moyen de dix mois, tandis que les personnes nécessitant des services de centre de jour doivent composer avec des délais d’attente pouvant aller jusqu’à onze mois. « Les demandes affluent, tant de notre part que de nos organisations partenaires », a expliqué Arnaud Spitaels d’Enaden. « Nous observons non seulement des profils vulnérables typiquement associés aux problèmes de dépendance, mais aussi des personnes ayant un emploi et une vie de famille, où les problèmes sont beaucoup moins visibles. »

Avec la capacité totale d’Enaden déjà atteinte, le centre tente de diriger les personnes en situation critique vers d’autres établissements. « Lorsqu’il est nécessaire de refuser quelqu’un, nous leur demandons de rester en contact par téléphone. Cela nous permet de suivre la situation et de vérifier s’ils ont trouvé de l’aide ailleurs », a ajouté Spitaels. Bien que l’alcool demeure une préoccupation majeure, on observe également une augmentation notable de l’usage de la cocaïne parmi les personnes en lutte contre la dépendance.

Problèmes de capacité

Dalle a souligné que les établissements d’hébergement d’urgence fonctionnent bien au-delà de leur capacité, non seulement à Enaden. « Ce n’est pas un détail mineur », a-t-il affirmé. « Le système est en train de se fissurer : il n’y a pas de marge, ni de tampon, et aucune issue rapide pour ceux qui cherchent désespérément de l’aide aujourd’hui. » Au cours des deux prochaines années, au moins 39 nouvelles places sont prévues pour accroître la capacité actuelle. De plus, à partir de l’année prochaine, un budget structurel de 5 millions d’euros sera alloué à la lutte contre la toxicomanie et le sans-abrisme.

Une part substantielle de ces fonds est destinée à augmenter la capacité en soins et en hébergement, ciblant les points où le système est actuellement engorgé. « Bien que les ressources pour les abris pour sans-abri soient cruciales, le gouvernement ne doit pas perdre de vue les soins secondaires », a déclaré Dalle. En plus des centres résidentiels, deux centres ambulatoires à faible seuil au sein du réseau Iriscare accueillent des dizaines de personnes chaque jour : 63 à M.A.S.S. de Bruxelles en 2024 et une moyenne de 24 personnes par jour au Projet Lama en 2023.

« En d’autres termes, le nombre de personnes visitant un seul centre à faible seuil un jour donné équivaut au total des places résidentielles dans toute la région », a remarké Dalle.

Commissaire aux drogues

Selon des sources au cabinet du ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR), le gouvernement a récemment alloué 7 millions d’euros pour des initiatives de prévention via des ONG, malgré des « circonstances budgétaires difficiles ». L’organisation Transit a reçu la plus grande part du financement, aidant environ 2 000 personnes ayant des problèmes de dépendance grâce à son hébergement d’urgence et ses services de soutien élargis chaque année.

Enfin, Dalle a souligné le rôle potentiel du futur commissaire aux drogues de Bruxelles. « Actuellement, il n’y a pas de vue d’ensemble claire de la politique de drogue de Bruxelles. Le commissaire aux drogues est nécessaire pour nous assurer de savoir qui fait quoi et où se trouvent les besoins », a-t-il conclu.

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