Aujourd’hui: Sep 07, 2026
Les consommateurs belges font face à des prix plus élevés pour les courses par rapport aux pays voisins.

Les consommateurs belges font face à des prix plus élevés pour les courses par rapport aux pays voisins.

En Belgique, le remplissage des caddies avec des produits de grandes marques reste plus coûteux qu’en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Les écarts de prix significatifs ont poussé de nombreux consommateurs à faire leurs courses de l’autre côté de la frontière, soulevant des questions sur les causes de cette inflation des coûts. Le secteur de la vente au détail incrimine les fabricants, mais une nouvelle étude rapportée par Le Soir indique que les supermarchés jouent également un rôle dans ce phénomène de tarification.

Les supermarchés pointent du doigt les entreprises multinationales

Selon l’Observatoire des prix du Service public fédéral (SPF) Économie, les Belges ont payé 10,7 % de plus pour des aliments transformés de grandes marques par rapport à l’Allemagne, 9,1 % de plus qu’en France et 8,4 % de plus qu’aux Pays-Bas. Comeos, la fédération représentant le secteur de la vente au détail, évoque des restrictions d’approvisionnement territoriales qui empêchent les détaillants belges de se procurer des produits d’autres pays européens où ils pourraient être moins chers.

Les détaillants peuvent être orientés vers la filiale belge du fabricant ou faire face à des quotas et des limitations sur les promotions. Comeos estime que la suppression de ces pratiques pourrait faire économiser jusqu’à 825 millions d’euros par an aux ménages belges, ce qui équivaut à environ 160 euros par foyer.

Les fabricants contestent les allégations

Fevia, représentant l’industrie alimentaire, conteste cette estimation. La fédération cite une nouvelle étude réalisée par des chercheurs des universités de Tilburg et de Maastricht. Les résultats rapportés par Le Soir révèlent que les écarts de prix varient en moyenne de 20 % pour les grandes marques et de 15 % pour les marques de distributeur. En ce qui concerne les marques de distributeur, les distributeurs ont un contrôle beaucoup plus direct sur leurs achats et leur tarification.

Les chercheurs concluent que les fabricants ne représentent qu’environ cinq points de pourcentage de la différence de prix, le reste étant attribué aux politiques des détaillants, à la concurrence locale et à la disposition des consommateurs à payer.

La Belgique fait face à de multiples désavantages

Les prix finaux sont également influencés par des facteurs nationaux spécifiques. L’Observatoire des prix du SPF Économie met en avant la taille réduite du marché belge, des coûts de main-d’œuvre plus élevés et des taxes significatives sur certaines boissons comme des facteurs contributifs.

En 2022, les aliments transformés de grandes marques en Belgique coûtaient 10,7 % de plus qu’en Allemagne, 9,1 % de plus qu’en France et 8,4 % de plus qu’aux Pays-Bas. Toutefois, tous les produits ne sont pas moins chers à l’étranger. Le SPF remarque que les produits frais et les marques de distributeur sont souvent plus compétitifs en Belgique, avec son propre panier de marques privées étant environ 15 % moins cher qu’en France, bien que cela soit basé sur une comparaison instantanée.

L’Europe vise à démanteler les barrières

La Commission européenne a classé ces restrictions commerciales parmi les dix obstacles les plus préjudiciables au marché unique. En mars 2026, elle a lancé une consultation pour préparer de nouvelles mesures. Actuellement, il est difficile de blâmer une seule partie. Les fabricants peuvent limiter les approvisionnements transfrontaliers, mais les supermarchés ajustent également leur tarification pour le marché belge. Les consommateurs se retrouvent finalement face à ces deux stratégies reflétées dans leurs tickets de caisse.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Don't Miss