Ces dernières années, des millions d’euros du fonds fédéral de sécurité et de prévention pour Bruxelles ont été alloués à diverses dépenses, y compris le logement social, un voyage à Disneyland et un centre cybernétique qui n’a jamais vu le jour. Le N-VA appelle désormais à un audit des fonds de sécurité alloués par le gouvernement fédéral à Bruxelles.
Chaque année, le gouvernement fédéral consacre 55 millions d’euros à Bruxelles pour des raisons de sécurité liées aux sommets européens et au rôle international de la capitale, dont 35 millions pour les zones de police et 20 millions pour les communes. Cependant, plusieurs millions d’euros de ce fonds auraient été affectés à des dépenses non liées, comme un chèque de 828 000 euros destiné à la société de logement social BGHM en 2020, que l’Inspection des Finances avait déjà questionné, selon La Dernière Heure.
Durant l’année pandémique de 2020, la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) a reçu 3 millions d’euros pour des projets de prévention et de sécurité. Une partie de cette somme a été utilisée pour installer des toilettes dans les stations de métro et fournir des repas aux sans-abri.
Inquiétudes soulevées par l’Inspection des Finances
Trois ans plus tard, l’Inspection des Finances a soulevé de nouvelles inquiétudes concernant les 3 millions d’euros alloués à un centre cybernétique bruxellois qui n’a jamais abouti. Des rapports indiquent qu’au moins 2 millions d’euros de cette somme ont finalement été transférés aux communes. Alexia Bertrand, alors Secrétaire d’État fédérale au Budget, a été informée par le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort que la question concernait un « déplacement comptable ».
Selon La Dernière Heure, le gouvernement bruxellois, après des demandes répétées de l’Inspection des Finances, a été prié de justifier toutes les dépenses, mais Vervoort a jugé qu’un tel rapport détaillé n’était pas nécessaire. À l’avenir, le financement serait simplement catégorisé en 35 millions d’euros pour les zones de police et 20 millions pour les communes, le gouvernement fédéral ne recevant plus de comptes détaillés sur les allocations suivantes.
« Le remboursement des fonds est une option »,
Député
Dépenses extravagantes mises en lumière
C’est Denis Ducarme (MR) qui a d’abord attiré l’attention sur d’autres dépenses douteuses au sein des 20 millions d’euros destinés aux communes. Il a cité des sources haut placées au sein de l’administration, évoquant des investissements dans des bâtiments et des coûts de personnel, ainsi que l’achat d’appareils électroménagers et le voyage à Disneyland. Ducarme s’est dit préoccupé par le fait que ces fonds auraient pu être utilisés pour traiter les nombreux défis en matière de sécurité auxquels la ville fait face.
Ducarme envisage d’initier des auditions au sein du parlement fédéral pour enquêter en profondeur sur cette affaire. Il a noté que « le remboursement des fonds est une option », tout en faisant allusion à d’éventuelles négligences de la part du précédent gouvernement fédéral, dont le MR faisait partie.
Le N-VA a exprimé son intérêt pour un examen approfondi des 55 millions d’euros que la Région bruxelloise reçoit annuellement du gouvernement fédéral. « Ces fonds sont censés représenter un soutien supplémentaire », a déclaré la Députée Maaike De Vreese. « Alors que nous entendons constamment le PS dire qu’il n’y a pas assez de financements pour les mesures de sécurité à Bruxelles, il s’avère que l’argent fédéral est dépensé pour un voyage à Disneyland. C’est stupéfiant. »
Le Ministre évoque la transparence
À la Chambre, le Ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) a révélé que le fonds de sécurité est traité comme une subvention depuis 2017 plutôt que comme une subvention classique. « Malheureusement, cela signifie que je n’ai pas de contrôle direct sur la manière dont ces ressources sont utilisées. Je trouve cela particulièrement regrettable, frustrant et parfois même scandaleux », a-t-il déclaré.
Quintin a indiqué que son prédécesseur, Annelies Verlinden (CD&V), avait demandé plus de transparence mais avait été confronté à des obstacles lorsqu’il s’agissait du ministre-président Vervoort. « Les financements pour la police et la sécurité doivent être orientés vers la police et la sécurité », a-t-il souligné, ajoutant que ce principe s’applique universellement. Quintin a demandé un rapport des services concernés concernant les dépenses des fonds de sécurité fédéraux pour Bruxelles.
De Vreese et Ducarme ont indiqué que les mesures nécessaires pour une enquête parlementaire ou des auditions sont en cours au sein des partis de la coalition fédérale.