Le parti d’extrême droite AfD pourra-t-il obtenir une majorité absolue lors des élections régionales en Allemagne ?
Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) atteindra-t-il une majorité absolue lors des élections d’État d’aujourd’hui dans le land de Saxe-Anhalt ? Cette question préoccupe l’Allemagne.
L’Allemagne traverse ce qu’on appelle une année électorale « super » : Après les élections en Bade-Wurtemberg (8 mars) et en Rhénanie-Palatinat (22 mars), c’est au tour de la Saxe-Anhalt de se rendre aux urnes aujourd’hui, tandis que les élections à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale sont également prévues pour le 20 septembre. L’attention se concentre sur les élections d’État en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne.
Un récent sondage réalisé par l’institut de recherche allemand INSA indique que l’AfD a recueilli 43 % des voix, la plaçant loin devant les autres partis politiques. L’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) risque de perdre un nombre significatif d’électeurs, se maintenant à 22 %. D’autres partis, tels que Die Linke (12 %), le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) (7 %) et Bündnis 90/Die Grünen (5 %), sont à la traîne. De plus, le parti Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW), dirigé par l’ancienne figure de proue de Die Linke, Sahra Wagenknecht, est à 4 %, tandis que le Parti des Freies (FDP) se situe à 3 %, les deux étant en dessous du seuil électoral. Ce sondage est basé sur mille enquêtes en ligne menées la semaine dernière, avec une marge d’erreur de 3,1 points de pourcentage.
Lors des élections de 2021, la CDU, dirigée par Reiner Haseloff, avait remporté 37,1 % des voix. Les sondages avant cette élection annonçaient une course serrée avec l’AfD à 20,8 % ; cependant, l’AfD avait terminé bien derrière. Die Linke avait obtenu 11 %, les sociaux-démocrates 8,4 %, les libéraux 6,4 % et les Verts 5,9 %. Au final, la CDU avait formé une coalition avec le SPD et le FDP. En 2018, les chrétiens-démocrates avaient adopté une résolution interdisant toute coopération avec Die Linke et l’AfD, une position qui définit leur stratégie de coalition à l’avenir.
Cette situation place la CDU dans une position compliquée en Saxe-Anhalt, l’AfD ayant enregistré environ 40 % dans les sondages depuis l’été 2025. Parallèlement, la CDU reste en dessous de 30 %. Die Linke a exprimé sa volonté de coopérer avec la CDU, déclare la candidate en tête, Eva Angern. Cependant, Friedrich Merz, le leader national du parti CDU et Chancelier, a rejeté à la fois Die Linke et l’AfD en les qualifiant de « radicaux ».
Le candidat de la CDU pour le poste de ministre-président, Sven Schulze, a fait preuve de réserve, affirmant précédemment que discuter du « pare-feu » n’était pas utile. Il a reconnu que le paysage politique précédent avait évolué. Néanmoins, il a clairement affirmé qu’il est contre l’engagement avec l’AfD.
Si les sociaux-démocrates et les Verts franchissent le seuil électoral, la CDU pourrait former un gouvernement minoritaire avec leur soutien, mais nécessiterait une coopération avec Die Linke. À l’inverse, il existe un scénario où la CDU n’a aucun rôle significatif, menant à un gouvernement de l’AfD. Bien qu’aucun parti ne désire officiellement collaborer avec l’AfD, certains politiques régionaux de la CDU remettent en question la viabilité de cette restriction de coalition. Si l’AfD entre au gouvernement de l’État, cela marquerait le premier gouvernement d’extrême droite en Allemagne depuis 1945, selon le magazine allemand Der Spiegel.
La faction de l’AfD en Saxe-Anhalt est désignée comme d’extrême droite par les services de sécurité intérieure allemands et compte parmi ses membres des néonazis, mais cela ne semble pas dissuader le soutien des électeurs. Les scandales liés au népotisme, où plusieurs politiciens de l’AfD en Saxe-Anhalt ont employé des membres de leur famille, ainsi qu’une photo controversée du leader du parti, Martin Reichardt, prétendument en train de faire un salut nazi, ont semblé avoir peu d’impact sur sa popularité.
Ulrich Siegmund, le candidat de l’AfD au poste de ministre-président, embrasse publiquement ces défis, affirmant que le fait d’être qualifié de « l’homme le plus dangereux d’Allemagne » par Der Spiegel offre « une très bonne publicité ». Sous le slogan de campagne « tout est possible », l’AfD a adopté un message d’optimisme, illustré par une vidéo de campagne montrant Siegmund en train de conduire un scooter avec sa fille, entouré de supporters enthousiastes.
Le programme en dix points du parti, s’il se réalise dans les cent premiers jours de gouvernance, promet « des expulsions dès la première minute » et des classes séparées pour les enfants demandeurs d’asile. Le diffuseur public MDR est également marqué pour fermer, les drapeaux allemands remplaceront les drapeaux arc-en-ciel sur les bâtiments publics, et le principe directif pour la politique changera pour #deutschdenken, rejetant des concepts modernes comme le Bauhaus.
Pour la CDU, cette élection présente un nouveau paysage sans Haseloff, qui a décidé l’année dernière de ne pas se représenter et a démissionné plus tôt cette année. Son ministre des Affaires économiques, Schulze, est désormais candidat au poste de ministre-président et pourrait bénéficier de l’influence du chancelier dans les sondages.
Les électeurs éligibles en Saxe-Anhalt comprennent toute personne titulaire d’une carte d’identité ou d’un passeport allemand ayant résidé dans l’État pendant plus de trois mois et ayant au moins dix-huit ans. Près de 1,7 million d’électeurs sont inscrits pour ces élections, où ils voteront à deux reprises, comme lors des élections fédérales. Le premier vote désigne leur représentant au parlement, tandis que le second détermine la répartition des sièges entre les partis. Le parlement régional à Magdebourg est composé d’au moins 83 représentants, élus tous les cinq ans, qui choisiront le ministre-président le 6 octobre.
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