La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé une campagne intensifiée contre l’utilisation de téléphones mobiles dans les prisons. Cette décision fait suite aux récentes déclarations du procureur de Bruxelles, Julien Moinil, qui a souligné comment les chefs de réseaux de drogue continuent d’orchestrer la violence et de gérer leurs opérations illégales depuis l’intérieur des murs grâce à des smartphones.
Lors d’une conférence de presse vendredi dernier, Moinil a évoqué une fusillade mortelle à Molenbeek, où l’auteur des faits aurait reçu des ordres d’un détenu à la prison de Haren. « La victime est décédée après avoir été abattue à quatre reprises dans le dos », a souligné Moinil, mettant en avant la gravité de la situation où des détenus contrôlent des activités criminelles depuis leur cellule. Il a critiqué l’inefficacité des peines infligées à des criminels qui continuent de donner des ordres pour commettre d’autres délits en étant incarcérés, qualifiant cette situation d’absurde, un reflet du « surréalisme belge ».
Les brouilleurs de signal mobile
À l’échelle mondiale, les prisons rencontrent des défis liés à l’utilisation de téléphones mobiles, suscitant des discussions sur la mise en œuvre de brouilleurs de signal pour perturber ces communications. Cependant, le déploiement de tels dispositifs pose des complications, car ils pourraient également interférer avec les communications du personnel ou d’autres utilisateurs de mobiles se trouvant à proximité.
Le problème a pris une ampleur significative en Belgique vers la fin de l’année 2024, lorsqu’un juge a dû se cacher en raison de menaces d’un trafiquant de drogue incarcéré à la prison de Hasselt. Suite à cela, le gouvernement fédéral a pris des mesures. Le porte-parole de Verlinden a confirmé : « Des brouilleurs mobiles sont déjà déployés de manière stratégique. » De plus, les mesures pour réduire les communications illégales en prison sont en cours d’accélération.
La ministre a également souligné que les efforts pour détecter les téléphones mobiles, les drogues et d’autres objets interdits dans les prisons ont été systématiquement renforcés. Cela inclut le soutien de technologies avancées et des équipes spécialisées effectuant des fouilles à grande échelle en collaboration avec le personnel pénitentiaire. « Des investissements ont également été réalisés dans des technologies de détection innovantes, y compris des systèmes capables de localiser des appareils 5G et même des appareils électroniques éteints », a déclaré le porte-parole.