Les livraisons de mazout se font en quantités limitées, selon Yves François, un négociant en produits pétroliers qui a constaté une diminution notable de son activité au cours des deux derniers mois. “Certaines personnes attendent, spéculent ou prennent le minimum, soit 500 litres. D’autres réalisent que la saison de chauffage approche et doivent remplir leurs cuves, car il n’y a pas beaucoup de choix.”
Certains clients ne peuvent pas se permettre d’attendre. Face à un réservoir vide, ils doivent passer des commandes, peu importe les fluctuations de prix. “Il n’est pas question; je dois commander, c’est tout,” affirme Pol Bovy, un client de Bertrée. “Si je veux chauffer ma maison, j’en ai besoin. Surtout que le mazout alimente également ma chaudière, qui est intégrée à mon système de chauffage. C’est donc essentiel. Si je veux prendre une douche, à moins que je ne veuille me laver à l’eau froide, c’est quelque chose que je n’affectionne pas du tout. Donc voilà; c’est aussi simple que ça.”
Une augmentation des coûts devient un fardeau
Aujourd’hui, une question pressante pèse sur chaque foyer : à quel prix le mazout de chauffage va-t-il grimper ? “Nous ne sommes pas au courant des secrets des dieux,” répond François. “Nous dépendons de tout ce qui se passe dans le monde. Les guerres ici et là, c’est une réalité.”
Au cours de sa carrière de 30 ans, Yves François a été témoin de l’appauvrissement de certains de ses clients. “Autrefois, les gens commandaient 500 ou 1000 litres sans souci. Maintenant, lorsque nous demandons 200 ou 300 litres, il est clair que les gens ont des difficultés. Certains souffriront cet hiver si cela continue.”
Le prix officiel publié par le SPF Économie ce mardi indique que les clients doivent payer 1350 euros pour 1000 litres de mazout de chauffage.