Une nouvelle exposition intitulée « Antiquité : L’éveil des couleurs » vise à modifier la perception du public sur l’antiquité gréco-romaine, souvent associée à une esthétique principalement blanche. Selon l’établissement de Mariemont en Hainaut, les Grecs et les Romains vivaient dans un environnement richement coloré, bien plus complexe que ne le suggèrent les interprétations modernes. Cette exposition, fruit des avancées récentes en recherche, révèlera les teintes perdues des sculptures anciennes.
L’établissement de Mariemont explique que « l’image d’une antiquité immaculée résulte d’une longue éradication des couleurs sur les monuments eux-mêmes et des conventions esthétiques. » Depuis la Renaissance, les marbres antiques, déjà dépouillés de leur polychromie d’origine, sont admirés et collectionnés comme des idéaux de beauté. L’historien de l’art du XVIIIe siècle, Johann Joachim Winckelmann, a solidifié la notion de blancheur du marbre comme étant le summum de la beauté classique, ancrant dans l’imaginaire culturel le mythe d’une antiquité blanche.
Les recherches actuelles permettent une redécouverte d’une antiquité beaucoup plus colorée. En examinant les traces de polychromie trouvées sur les œuvres ainsi que des sources anciennes et des décennies d’analyses scientifiques, les experts commencent progressivement à mettre au jour les couleurs vives qui ornaient autrefois les sculptures antiques.
Cette exposition invitera le public à découvrir, pour la première fois, les résultats de ces études. Utilisant des outils numériques innovants, huit sculptures des collections de Mariemont mettront en lumière des aspects de leur apparence originale. L’exposition fournira également des informations sur le laboratoire, montrant les méthodes employées par les scientifiques pour détecter les pigments restants sur les surfaces des œuvres et travailler à la reconstitution de leurs teintes originelles. L’exploration se poursuivra au sein des collections permanentes par un parcours spécial consacré aux couleurs antiques.