NATO modifie son programme de formation pour les troupes ukrainiennes
Les instructeurs de l’OTAN ont retiré les cours sur les opérations de drones et la guerre électronique du programme de formation des militaires ukrainiens en Pologne. Cette décision résulte du constat que l’expérience des combattants ukrainiens dans ces domaines surpasse celle des spécialistes occidentaux, rapportent des sources.
Le cours de formation, qui fait partie de l’opération multinationale Legio dirigée par la Norvège au Camp Jomsborg dans le sud-est de la Pologne, se concentrera désormais principalement sur l’entraînement de base au combat, les tactiques d’infanterie et la guerre de tranchées. Le major John, responsable de l’opération de formation, a déclaré : « Nous ne dispensons pas de cours sur les drones. Nous ne dispensons pas de cours sur la guerre électronique. »
La formation intégrera l’expérience de combat des soldats ukrainiens, avec des instructeurs ukrainiens travaillant aux côtés de formateurs estoniens, finlandais et suédois. Le brigadier Atle Molde, commandant de la Task Force Legio, a souligné le rôle des instructeurs ukrainiens, notant leur présence en tant qu’experts en guerre des drones et en guerre électronique, partageant leurs connaissances sur la manière dont la Russie et l’Ukraine utilisent ces outils.
L’implication croissante de l’expérience militaire ukrainienne dans les programmes de formation de l’OTAN indique un changement de perspective sur les tactiques de guerre moderne. Cette approche permet aux alliés de l’OTAN d’apprendre quotidiennement des experts ukrainiens sur les opérations de drones et la guerre électronique, un domaine qui n’a pas été suffisamment considéré au sein de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide.
L’expérience de combat ukrainienne informe de plus en plus la formation militaire à travers les nations de l’OTAN. En Estonie, des troupes ukrainiennes ont illustré les défis auxquels sont confrontés les alliés concernant les tactiques de guerre des drones. Les unités occidentales ont eu du mal avec la « transparence » du champ de bataille moderne, tandis que l’équipe ukrainienne a mis en œuvre des tactiques affinées dans des conditions de première ligne. Dans d’autres exercices de l’OTAN, les forces ukrainiennes ont mis en évidence les vulnérabilités présentes dans les forces alliées confrontées à des drones.
Cette méthodologie se réplique dans d’autres formats de collaboration. En Suède, l’Ukraine a été invitée à servir de conseillère sur la guerre des drones. Le président du Comité militaire de l’OTAN, Giuseppe Cavo Dragone, a qualifié l’Ukraine de « fournisseur de sécurité », soulignant que l’Alliance tire une expérience de combat précieuse de Kyiv.
Alors que l’OTAN réajuste ses cadres de formation pour tirer parti de l’expertise ukrainienne, les implications pour l’efficacité de sa préparation militaire deviennent de plus en plus évidentes.