Depuis le 1er novembre, les locataires bruxellois menacés d’expulsion bénéficient d’un répit de quatre mois et demi. Jusqu’au 15 mars 2027, aucune expulsion ne peut être exécutée. Cependant, pour les milliers de personnes déjà sans logement, l’hiver commence avec des centres d’hébergement saturés et des places d’accueil supprimées.
La moratoire “ne fait que reporter le problème”
Les expulsions reprendront au printemps, ce qui risque de voir de nouveaux ménages perdre leur logement. L’Atelier des droits sociaux s’inquiète des limites du moratoire, qui “ne fait que reporter le problème”.
À Bruxelles, près d’un ménage locataire sur 100 a fait l’objet d’un dossier d’expulsion, selon les chiffres de Perspective.brussels. Un quart des ménages expulsés se retrouvent durablement à la rue, rappelle l’association, aggravant une crise du sans-abrisme déjà bien installée dans la capitale.
Près de 10.000 sans-abris
Selon le dernier dénombrement de Bruss’help, réalisé en novembre 2024, 9.777 personnes étaient sans abri ou sans logement stable à Bruxelles, dont 1.678 mineurs. Près de 1.000 d’entre elles dormaient dans l’espace public. Leur nombre a augmenté de 25 % en deux ans. Le relevé effectué en octobre servira de base au neuvième rapport, dont la publication n’est pas attendue avant le printemps prochain.
En 2025, le Samusocial a accueilli 9.521 personnes dans ses différents dispositifs. Faute de places, l’association a également dû refuser 33.582 demandes d’hébergement, soit 21 % de plus que l’année précédente.
Des places supprimées à l’approche de l’hiver
Les restrictions budgétaires compliquent encore la situation. En juillet, la ministre fédérale de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), a annoncé une réduction de moitié du dispositif d’hébergement financé dans le cadre du “Brussels Deal”, qui prévoyait 2.000 places d’accueil à Bruxelles.
La suppression d’une partie de ces financements a déjà entraîné plusieurs fermetures. Fin septembre, le Samusocial a dû fermer son centre d’urgence du WTC, dans le quartier Nord, perdant ainsi 130 places destinées aux hommes isolés. Sa capacité d’accueil pour ce public est passée de 370 à 240 places.
Des centaines de places supprimées
Les familles sont également touchées. Rien qu’en septembre, 1.900 demandes d’hébergement les concernant ont été refusées. Début octobre, Sarah de Liamchine, directrice générale du Samusocial, alertait sur la présence croissante de familles dans la rue. BelRefugees, de son côté, comptait plus de 1.000 hommes en attente d’une place d’hébergement.
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