La réforme proposée par le gouvernement bruxellois concernant les réductions d’impôts fonciers pourrait avoir des répercussions négatives sur les familles sans améliorer la nature redistributive du système, selon une étude publiée par la Ligue des Familles. Ce rapport, rendu public jeudi, soulève des inquiétudes quant aux implications du changement du régime actuel d’allègement fiscal foncier.
En juin, l’exécutif bruxellois a approuvé un projet d’ordonnance visant à réviser la réduction d’impôt disponible pour les ménages ayant des enfants à charge ou des membres en situation de handicap. Cette réforme doit coïncider avec le doublement de l’aide Be Home pour les propriétés occupées par leur propriétaire.
Actuellement, la réduction s’élève à 10 % de l’impôt foncier pour chaque enfant à charge à partir du deuxième enfant et à 20 % pour chaque membre du ménage en situation de handicap. À partir de 2027, le gouvernement prévoit de remplacer ces pourcentages par des montants fixes.
Selon la Ligue des Familles, les ministres Dirk De Smedt et Elke Van den Brandt ont indiqué que ces montants fixes seraient similaires à ceux en vigueur en Wallonie : 125 € par enfant après le premier et 250 € par personne en situation de handicap. Une partie du budget alloué à ces réductions serait également redirigée vers la Commission communautaire commune (Cocom) pour soutenir les allocations familiales. La proposition devrait être présentée au Parlement bruxellois plus tard en octobre.
La Ligue des Familles dénonce une réduction de 27 %
La Ligue des Familles affirme que la réforme entraînerait une diminution de 27 % du budget destiné aux réductions d’impôts qui aident les ménages concernés à alléger leur charge fiscale foncière. « En pratique, avec le changement du système, certaines familles en bénéficieront tandis que d’autres subiront des pertes, ce qui ne suit aucune logique redistributive réelle », a déclaré la Directrice générale Madeleine Guyot. L’organisation souligne que l’impôt foncier ne reflète pas nécessairement la valeur actuelle d’une maison, le revenu ou la richesse familiale.
Avec des montants fixes de 125 € et 250 €, toute famille dont la taxe foncière dépasse 1 250 € serait désavantagée sous le nouveau système, selon les calculs de la Ligue. L’augmentation annoncée du subside Be Home, passant de 164 € à 368 €, pourrait ne pas compenser suffisamment cette réduction. L’association soutient que la plupart des familles touchées recevraient une réduction d’impôt inférieure à celle promise par le gouvernement, certaines se retrouvant même en situation de perte financière.
L’impact sur les familles locataires
La réforme affecterait également certains locataires. Ceux qui perçoivent actuellement la réduction d’impôt pour les enfants ont cet avantage attribué au propriétaire du bien, qui doit ensuite le répercuter sur les loyers. Cependant, les locataires ne bénéficient pas du subside Be Home. « Il y aura en partie une solidarité inversée, où certaines familles locataires verront leur réduction d’impôt liée aux enfants diminuer, au profit des propriétaires qui recevront le doublement du subside Be Home », a noté Guyot.
Enfin, la Ligue souligne l’augmentation de l’impôt foncier parmi les communes bruxelloises. Huit des 19 communes bruxelloises ont augmenté leur impôt foncier au-delà de l’augmentation indexée cette année. Dans le système actuel, la réduction pour les enfants à charge augmente proportionnellement à l’impôt foncier. En revanche, un montant fixe reste inchangé même si l’impôt continue d’augmenter. « Il n’est pas envisageable de mener une réforme juste pour les familles sur la base d’une structure fiscale injuste qui ne tient pas compte de la valeur réelle du logement, tout en réduisant simultanément le soutien aux familles de 27 % », a conclu la Ligue des Familles.
Les discussions en cours autour de ces réformes mettent en lumière la complexité d’atteindre des politiques fiscales équitables qui soutiennent efficacement à la fois les propriétaires et les familles vulnérables.