Le Sénat du Paraguay a ouvert jeudi soir un procès en destitution contre le président Santiago Peña, invoquant une mauvaise gestion liée à la faillite de la Banque Ueno. Le procès a débuté quelques heures après une session législative au cours de laquelle Peña avait tenté de démissionner en plein crise, rapportent des sources.
Le processus de destitution a été lancé après une après-midi chaotique dans la capitale, où la démission de Peña a été mise sur la table mais finalement rejetée par les législateurs du parti au pouvoir qui ont quitté la chambre, interrompant le quorum. L’accusation approuvée précédemment par la Chambre des députés a été transférée au Sénat, qui a officiellement ouvert le procès.
Les allégations portent sur les liens de Peña avec la Banque Ueno, qui a reçu d’importants fonds publics pendant sa présidence. Ces fonds auraient soutenu des entreprises affiliées aux propriétaires de la banque, culminant en une fraude qui a touché de nombreux Paraguayens, comme l’indiquent les accusations.
Malgré les efforts de Peña pour éviter la destitution en démissionnant, le Sénat a poursuivi le procès. Sa tentative de démission a été perçue par certains parlementaires comme une manœuvre pour échapper à ses responsabilités, mais la décision du Sénat d’avancer le processus de destitution a rendu sa démission caduque.
Santiago Peña a publié une déclaration jeudi soir, affirmant son intention de se présenter et de se défendre lors du procès en cours. Il a exprimé son engagement envers la transparence, affirmant que « rendre des comptes et donner des explications est aussi une responsabilité envers le peuple paraguayen ».
Les procédures judiciaires impliquent des accusations de fraude, de violation de la confiance et de comportement répréhensible. Dans le cadre constitutionnel en place, Peña doit présenter sa défense vendredi à 10h00, heure locale, suite à la présentation des accusations par les procureurs de la Chambre des députés.
Les opposants à la démission de Peña ont fait valoir qu’accepter celle-ci lui permettrait d’obtenir un siège de sénateur à vie, lui conférant ainsi une immunité parlementaire. Cette immunité est précisément ce que la destitution cherche à révoquer. Une destitution réussie permettrait de le soumettre à des poursuites judiciaires régulières liées à la chute de la Banque Ueno, ce qui ne serait pas possible si sa démission était acceptée.
Le Sénat est désormais chargé d’exécuter le procès en destitution. Le président Peña a promis de défendre ses actions, tandis que des manifestants devant le bâtiment législatif exigent justice concernant l’effondrement de la banque.
L’achèvement du procès en destitution sera un moment crucial dans la tourmente politique actuelle au Paraguay.