Aujourd’hui: Sep 07, 2026
Bruxelles devrait nommer un commissaire régional aux drogues d'ici la fin septembre

Bruxelles devrait nommer un commissaire régional aux drogues d’ici la fin septembre

Onze candidats briguent le poste de commissaire régional à la sécurité et aux drogues dans la région de Bruxelles-Capitale, dont le début de fonction est prévu pour la fin septembre. Ce processus de recrutement se déroule dans un contexte d’augmentation de la violence et des fusillades liées au trafic de drogues à Bruxelles, suite à une évaluation effectuée en août impliquant des exercices de mise en situation pour les candidats. Les entretiens pour les huit meilleurs candidats sont prévus plus tard ce mois-ci.

Selon Boris Dilliès (MR), le ministre-président de Bruxelles, « Les entretiens devant la commission de sélection auront lieu dans la deuxième moitié de septembre. Ensuite, le Conseil des ministres devra valider le lauréat et déterminer la date de début du poste.

Nous en avons besoin comme du pain

Boris Dilliès, ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale

Quel sera donc le rôle du commissaire aux drogues, un poste promis par le gouvernement bruxellois dans sa déclaration de politique régionale présentée en février dernier ? Il est important de préciser que le commissaire régional n’est pas un agent de police, ni un super-flic. Ce rôle sera occupé par un représentant de la Région bruxelloise, agissant au sein de Safe.brussels, l’organisme régional responsable de la sécurité et de la prévention. Son rôle sera d’assurer la coordination, la supervision stratégique, la réflexion, le suivi et l’impulsion des actions « tout en respectant les compétences respectives ». Il est essentiel de noter que ce rôle ne remplace pas les autorités judiciaires, les services de police ou les communes.

Une des premières missions du commissaire sera d’élaborer un plan intégré basé sur le Plan de Sécurité et de Prévention Global de Safe Brussels. Dilliès souligne : « Étant donné le fléau des drogues que notre Région connaît, l’objectif est d’avoir une personne qui coordonnera tous les acteurs quotidiens impliqués. Ce sera leur mission principale et essentielle, ce qui n’est pas une mince affaire. L’idée est qu’ils travaillent en lien avec les communes, les chefs de police, les bourgmestres, l’échelon fédéral, et aussi qu’ils traitent non seulement des questions de sécurité mais également de la prévention liée aux addictions. C’est une mission vaste, et nous en avons besoin comme du pain à Bruxelles. Nous devons cesser de travailler isolément, sinon nous ne sortirons jamais de cette situation. »

Le commissaire établira une stratégie régionale pour la gestion des points chauds, soit 18 lieux problématiques liés aux drogues dans les quartiers de la capitale. Il déterminera « la fréquence et l’intensité des interventions à ces points chauds » en collaboration avec la police, les services d’inspection fédérale (ONEM, SPF Finances, AFSCA), les services régionaux de l’économie ou de l’urbanisme, et les entreprises de transport public comme la STIB, qui rencontrent des problèmes d’usage de drogues dans leurs stations.

Grande capacité à supporter la pression

Le commissaire supervisera également la fermeture des établissements problématiques et proposera des changements réglementaires concernant les interdictions de localisation et la réglementation des activités commerciales. De plus, il veillera à « l’harmonie entre l’action répressive et le soutien social » en collaboration avec les acteurs sociaux publics (communes, CPAS) et les ONG. La Région bruxelloise souhaite s’assurer de l’inclusion des systèmes de soutien pour les personnes confrontées à des problèmes de consommation, qui se retrouvent souvent dans des situations précaires.

Quel profil recherche la Région ? L’offre d’emploi précise qu’il est nécessaire que les candidats détiennent un diplôme de master ou soient des fonctionnaires « de haut niveau » (niveau A) provenant des administrations régionales, communautaires, fédérales, de la police ou de la justice (magistrat). Les candidats doivent également avoir au moins cinq ans d’expérience dans au moins deux des domaines suivants : sécurité publique, gestion de crise impactant l’ordre public, coordination entre différents niveaux de gouvernement, ou justice. Une connaissance du contexte bruxellois et un « bon niveau de néerlandais » (minimum) sont considérés comme des atouts.

La Région insiste également sur le fait que les candidats doivent posséder une « grande capacité à supporter la pression », compte tenu de la sensibilité du poste, qui génère une « forte visibilité politique et médiatique » et exige « neutralité et discrétion ». Le commissaire sera sous le regard critique de tous, y compris de la presse, des responsables et de la société civile.

Le commissaire, qui percevra un salaire correspondant à l’échelle A400, exercera un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

Il est important de noter que la commission de sélection bilingue responsable du choix du candidat sera composée de six personnes, y compris le ministre-président Boris Dilliès, le procureur du Roi de Bruxelles Julien Moinil, Charlotte Colman, professeur de politique des drogues et de criminologie à l’université de Gand, Sophie Lavaux, directrice générale de Safe.brussels, Michel Goovaerts, commissaire en chef de la zone Bruxelles-Ixelles, et Ine Van Wymersch, la commissaire nationale aux drogues.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Don't Miss