Le bourgmestre d’Anvers, Bart Van Doesburg, a obtenu l’approbation du tribunal pour interdire les manifestations de manifestants pro-palestiniens sur la Grote Markt. Cette décision confirme l’autorité du bourgmestre à restreindre les rassemblements sur cette place historique pour des raisons de sécurité publique, rapporte 24brussels.
Un récent jugement à Anvers a renforcé le pouvoir du bourgmestre Bart Van Doesburg d’interdire les manifestations pro-palestiniennes sur la Grote Markt, la place historique centrale de la ville. Le bourgmestre a émis plusieurs interdictions à la fin de 2025, invoquant des risques pour l’ordre public en raison des tensions croissantes causées par les conflits au Moyen-Orient. Les manifestants ont soutenu que ces restrictions violaient leurs droits de réunion, mais les juges ont confirmé ces mesures sur la base des réglementations locales établies.
Détails du jugement et fondement juridique
Le Conseil d’État, la plus haute instance administrative de Belgique, a examiné les recours des groupes pro-palestiniens contre les décrets du bourgmestre Van Doesburg. Les jugements rendus le 15 janvier 2026 ont suspendu les demandes des manifestants, confirmant la légalité des interdictions conformément au Règlement de Police d’Anvers de 2005. Ces règles attribuent aux bourgmestres la discrétion de limiter les événements dans des espaces publics sensibles en cas de menaces à la sécurité.
Les interdictions précédentes visaient des rassemblements hebdomadaires organisés par des comités de solidarité avec la Palestine. Des rapports de police ont documenté des incidents antérieurs impliquant des contres-manifestations, des confrontations verbales et des perturbations de la circulation autour de la Grote Markt. Le tribunal a souligné des preuves suffisantes d’un potentiel désordre, privilégiant la prévention à l’accommodement.
Le bourgmestre Van Doesburg a évoqué l’article 137 du nouveau Code Civil belge et les règlements communaux permettant des restrictions proactives. Les décisions s’appliquent spécifiquement à la Grote Markt, épargnant d’autres lieux tels que la Groenplaats.
Contexte des manifestations pro-palestiniennes à Anvers
Les manifestations pro-palestiniennes ont augmenté à Anvers suite à l’escalade de la guerre entre Israël et le Hamas en octobre 2023. Des groupes tels que la Palestine Campaign et des associations musulmanes locales ont organisé plus de 50 événements d’ici la mi-2025, attirant des milliers de participants. Des permis initiaux ont autorisé des marches pacifiques, mais les autorités ont observé des tendances de slogans et d’escalade des tensions dans les quartiers juifs voisins.
La diversité de la population d’Anvers, comprenant la plus grande communauté juive orthodoxe d’Europe en dehors d’Israël, a exacerbé les sensibilités. Les manifestations passées comportaient des drapeaux, des banderoles et des discours critiquant les politiques israéliennes, entraînant des rassemblements de soutien pro-israélien. La police a intervenu à 12 reprises en 2025 pour éviter des affrontements.
La Grote Markt, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et accueillant des marchés et des touristes, est devenue un point focal en raison de sa visibilité. Les organisateurs l’ont choisie pour son impact symbolique, mais ses limites de capacité—pouvant accueillir 5 000 personnes debout—ont mis à mal l’accès d’urgence.
Mise en œuvre de l’interdiction par le bourgmestre Van Doesburg
Le bourgmestre Van Doesburg, membre du parti N-VA depuis 2020, a édicté la première interdiction le 20 octobre 2025 pour une veillée pro-palestinienne prévue. D’autres décrets ont couvert les dates de novembre et décembre, prolongées jusqu’en 2026 en raison des menaces. Chaque ordonnance précisait des durées, généralement de quatre heures, et des alternatives comme le Stadspark.
La police a appliqué les interdictions avec des barrières et des patrouilles, dispersant de petits groupes sans arrestations dans la plupart des cas. Un événement du 15 novembre a redirigé pacifiquement 200 manifestants. Le bureau du bourgmestre a publié des justifications en ligne, citant des renseignements sur des infiltrés potentiels provenant de groupes radicaux.
Les débats du conseil municipal en décembre 2025 ont soutenu cette approche, les partis d’opposition remettant en question la proportionnalité mais reconnaissant les données de sécurité.
Défis juridiques et arguments des manifestants
Les organisations pro-palestiniennes ont déposé des recours urgents, affirmant des violations de l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme garantissant les libertés de réunion. Les avocats ont soutenu que les interdictions manquaient d’évaluations de menaces individuelles et silenciaient de manière disproportionnée des voix minoritaires. Des affidavits de soutien ont détaillé les histoires non violentes d’événements antérieurs.
Les pétitionnaires comprenaient Intal et Vrede vzw, des groupes de paix vétérans, ainsi que des collectifs plus récents. Ils proposaient des mesures d’auto-régulation comme des nombres réduits et l’absence de sonorisation pour atténuer les risques. Les dépôts judiciaires ont cité des accommodements réussis dans les places de Bruxelles et de Gand.
Les juges ont rejeté ces demandes, soulignant l’autonomie municipale en matière de gestion de l’espace. Les opinions dissidentes notées dans les tribunaux de première instance se sont concentrées sur l’obligation de dialogue avant des interdictions généralisées.
Justifications en matière de sécurité publique citées par les autorités
La police d’Anvers a compilé des dossiers montrant que 25 % des manifestations de 2025 nécessitaient des interventions, incluant des objets lancés et des trams bloqués. Des renseignements ont lié certains participants à des extrémistes fichés surveillés par la Sécurité d’État. La configuration de la Grote Markt, entourée de guildes et de cafés, limite les voies d’évacuation lors d’escalades.
Le bourgmestre Van Doesburg a souligné l’impact sur le tourisme, avec 8 millions de visiteurs annuels dépendant de l’accès à la place. L’accès des véhicules d’urgence s’est restreint à une voie pendant les rassemblements, retardant les interventions. La rue commerçante Meir voisine a signalé une chute de 15 % de la fréquentation après des perturbations.
La ministre de l’Intérieur flamande, Annelies Verlinden, a soutenu des mesures similaires à l’échelle régionale, faisant référence à un cadre de zonage des manifestations de 2024.
Locaux alternatifs proposés aux manifestants
Les responsables municipaux ont désigné la Franklin Rooseveltplaats et le parvis de la gare Antwerpen-Centraal comme sites approuvés. Ces lieux accueillent des foules plus importantes avec une logistique policière améliorée. Un événement pro-palestinien le 10 janvier 2026 à Rooseveltplaats s’est déroulé avec 1 500 participants et aucun incident.
Un soutien logistique a été fourni, incluant du matériel sonore gratuit et une procédure accélérée pour les permis. Les retours des manifestants via les portails de la ville indiquaient un accueil mitigé, saluant la capacité mais critiquant la distance par rapport au centre-ville.
Politiques comparatives de manifestations dans les villes belges
Bruxelles permet les marches pro-palestiniennes avec des itinéraires stricts évitant la place Schuman, siège des institutions de l’UE. Gand restreint les périphéries du parc du Cinquantenaire. Le modèle d’Anvers s’aligne avec celui de Liège, où les bourgmestres ont interdit les événements sur la place centrale après des émeutes en 2024.
Un rapport de 2025 du Parlement flamand a sondé 50 municipalités, révélant que 70 % imposaient des restrictions de temps-lieu-manière sur les manifestations contentieuses