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La grippe aviaire a frappé la Flandre-Occidentale avec une intensité sans précédent, touchant de nombreuses exploitations avicoles à travers la province. Les autorités ont abattu des millions d’oiseaux afin de contenir la souche hautement pathogène. Les officials mettent en garde contre un impact économique considérable sur le secteur avicole local.
L’épidémie actuelle de grippe aviaire en Flandre-Occidentale a atteint des niveaux jamais enregistrés dans la région, entraînant des opérations d’abattage massif dans les exploitations touchées. La souche H5N1, confirmée à plusieurs endroits, a conduit à l’abattage de plus de 5 millions d’oiseaux depuis début janvier 2026. La ministre flamande de l’Agriculture a annoncé des mesures d’urgence pour freiner la propagation.
Échelle et propagation de l’épidémie
Les services vétérinaires ont identifié les premiers cas à la mi-décembre 2025 près de Roulers, avec une escalation rapide à travers la Flandre-Occidentale à l’approche du Nouvel An. Des exploitations à Courtrai, Waregem et Ypres ont signalé des infections en quelques jours, entraînant des abattages préventifs dans les zones environnantes. L’Agence flamande pour la nature et les forêts a instauré des zones de protection de 3 kilomètres et des périmètres de surveillance de 10 kilomètres autour de chaque site.
Les taux de mortalité dans les exploitations infectées ont atteint 90 % en l’espace de 48 heures, caractéristiques de la grippe aviaire hautement pathogène (HPAI). Des tests en laboratoire à CODA-CERVA ont vérifié que la souche correspondait aux épidémies européennes depuis 2021. Les oiseaux sauvages, en particulier les oies et les canards migrateurs, ont servi de vecteurs pour introduire le virus via leurs déjections.
Au 18 janvier 2026, 45 exploitations avicoles étaient soumises à des restrictions, représentant 25 % de la capacité en poules pondeuses et en volailles de la Flandre-Occidentale. Des interdictions d’exportation ont été mises en place pour les oiseaux vivants et les produits non pasteurisés en provenance de la province.
Opérations d’abattage et mesures de biosécurité
Des équipes d’abattage, mobilisées sous le règlement européen sur la santé animale 2020/687, ont mis fin aux flocks de manière humanitaire par asphyxie au dioxyde de carbone suivie de dislocation cervicale. Les carcasses ont été incinérées sur place ou transportées vers des installations désignées à Geel. Des systèmes d’indemnisation ont attribué 4,50 € par kilogramme pour les poulets de chair et 15 € par poule pondeuse, provenant des fonds de contingence flamands.
Des audits de biosécurité ont révélé des manquements, y compris un filet inadéquat pour les oiseaux sauvages et le partage d’équipements entre les exploitations. Des mises à jour obligatoires incluent des bacs à pied, des combinaisons complètes pour le personnel et des arches de désinfection pour les véhicules. L’enregistrement du système All-Tier est devenu obligatoire du jour au lendemain pour 12 000 exploitations avicoles flamandes.
La surveillance s’est intensifiée avec des tests sérologiques hebdomadaires dans les zones tampons. Des drones surveillent la conformité, tandis que des laboratoires mobiles traitent 2 000 échantillons par jour.
Impact économique sur le secteur avicole
La Flandre-Occidentale produit 40 % de la viande de volaille et des œufs de Belgique, avec un chiffre d’affaires annuel dépassant 1,2 milliard d’euros. L’épidémie a interrompu 70 % de l’activité des abattoirs, laissant inactifs les usines à Roulers et à Izegem. Les fournisseurs de nourriture ont signalé 20 millions d’euros de stocks invendus, tandis que les transformateurs ont fait face à des surplus de main-d’œuvre.
La fédération sectorielle AveVe a estimé les pertes directes à 150 millions d’euros d’ici fin janvier, sans compter les répercussions sur la chaîne d’approvisionnement. Les prix des œufs ont augmenté de 25 % sur le marché national, entraînant une rationnement dans les supermarchés. Les marchés d’exportation en Allemagne et en France ont rejeté les produits flamands, détournant des volumes vers des concurrents néerlandais.
Les petits exploitants, représentant 60 % des opérations de moins de 20 000 oiseaux, risquent la faillite sans périodes de grâce prolongées pour la repopulation. Les banques ont activé des prêts de détresse agricole, plafonnés à 500 000 € par exploitation.
Stratégies de réponse du gouvernement et de l’UE
La ministre flamande de l’Agriculture, Hilde Crevits, a alloué 75 millions d’euros d’aide, répartis entre les abattages (60 %) et les subventions de relance (40 %). Le centre de crise national a coordonné avec le FAVV, imposant des interdictions de mouvement interprovincial. La Commission européenne a approuvé le plan d’éradication de la Belgique en vertu du règlement délégué (UE) 2020/687, débloquant un cofinancement pouvant aller jusqu’à 50 %.
Des débats sur la vaccination d’urgence ont émergé, bien que repoussés en attendant des données sur les réservoirs sauvages. Les régions voisines de Wallonie et des Pays-Bas ont intensifié les contrôles aux frontières concernant les camions de transport. Des partenaires commerciaux internationaux, dont la Corée du Sud, ont suspendu les importations en attendant la levée des zones.
Comparaison historique avec les épidémies passées
La Flandre-Occidentale a subi des épidémies en 2014 (H5N8, 200 000 oiseaux abattus) et en 2022 (1,2 million affectés), qui pâlissent face à l’ampleur de 2026. Les incidents précédents s’étaient regroupés lors des pics de migration printanière, tandis que cette flambée hivernale coïncide avec un temps doux anormal prolongeant la présence des oiseaux aquatiques. Les pertes cumulées en Europe entre 2021 et 2025 ont dépassé 60 millions d’oiseaux, préparant les troupeaux via dérive antigénique.
Les courbes de mortalité reflètent la phase exponentielle de 2022, mais la propagation géographique a quadruplé les précédents records. Des essais de vaccins issus de souches tchèques de 2024 ont montré une efficacité de 85 %, éclairant les futurs plans de contingence.
Types de volailles affectées et cycles de production
Les exploitations de poulets de chair ont subi 55 % des cas, perturbant les cycles de six semaines et retardant le réapprovisionnement jusqu’en avril. Les pondeuses, qui maintiennent des oiseaux pendant 18 mois, ont subi des pertes unitaires plus élevées en raison du calendrier de production. Les exploitations de dindes à Poperinge ont abattu 150 000 volailles festives, annulant les primes de Noël.
Les secteurs des canards et des oies, intégrés verticalement avec la transformation, ont activé des clauses d’assurance couvrant 80 % des pertes de revenus. Les unités biologiques en plein air, vulnérables par leur accès extérieur, ont représenté 30 % des cas positifs bien qu’elles ne constituent que 8 % de la capacité.
Données de surveillance des oiseaux sauvages
Des points de nature ont dénombré 1 200 mortalités sauvages depuis novembre 2025, concentrées le long des voies migratoires de l’estuaire de l’Escaut. Répartition par espèces : 45 % d’oies