Les perspectives financières des communes bruxelloises semblent s’améliorer, du moins sur le papier. Selon l’analyse annuelle publiée par Belfius le 15 octobre 2026, seulement deux des 18 communes examinées ont enregistré un déficit pour l’exercice fiscal 2026, une diminution par rapport aux quatre de l’année précédente et aux dix de 2024. Saint-Josse-ten-Noode n’a pas été inclus dans l’étude en raison de l’absence d’un budget approuvé.
Au total, les communes concernées anticipent un léger excédent de 4,9 millions d’euros pour l’exercice fiscal 2026. En tenant compte des résultats précédemment signalés et des transferts, ce montant atteint 55,5 millions d’euros. Toutefois, quatre communes n’arrivent toujours pas à respecter l’obligation légale d’équilibre budgétaire. Belfius caractérise la situation financière comme variée, malgré les améliorations statistiques apparemment positives.
Dépenses en hausse et réformes coûteuses
Bien que les dépenses ordinaires devraient augmenter modérément (+2,5 %), les communes continuent de faire face à plusieurs pressions financières. L’inflation, qui a dépassé les attentes lors du processus de planification budgétaire, pourrait entraîner des dépenses supplémentaires.
Le coût des pensions pour le personnel statutaire représente un autre point de préoccupation. Ces dépenses représentent déjà 15 % des coûts globaux du personnel. Belfius projette que les contributions pour le financement des pensions par les communes passeront de 47 millions d’euros en 2025 à 88,2 millions d’euros d’ici 2031, marquant une augmentation de près de 90 %. Cette situation est aggravée par des limitations sur les allocations de chômage, qui alourdissent la charge sur les centres de services sociaux (CPAS), ainsi que par des incertitudes liées aux réformes des zones de police.
Des difficultés à augmenter les revenus
Les communes bruxelloises dépendent fortement de leurs propres revenus, principalement issus des taxes et des frais de service, qui représentent environ 60 % de leurs revenus. Cependant, de nombreuses administrations peinent à recouvrer certaines sommes dues, ce qui menace leur liquidité financière. Parallèlement, la hausse des taux d’intérêt a accru le coût du service de la dette, les charges de la dette ayant augmenté de 175 % depuis 2022.
Belfius note que la marge de manœuvre financière pour les communes reste particulièrement contrainte. Malgré une réduction du nombre de budgets déficitaires, les années à venir pourraient être marquées par de nouvelles tensions budgétaires et des décisions difficiles pour les administrations locales.