Une vague de manifestations touche une dizaine de pays européens
Cet automne a été marqué par une vague de manifestations dans une dizaine de pays européens, parfois éclipsées par des troubles violents et des répressions sévères. Le mouvement, qui a débuté au début de l’année scolaire dans les lycées français avec des appels à un financement accru de l’éducation, s’est depuis propagé à d’autres pays face à l’augmentation du coût de la vie, à une crise du logement et à des gouvernements impopulaires.
En France, environ 565 personnes ont été arrêtées samedi lors de manifestations à travers le pays. Quatre policiers et un gendarme ont été blessés à Paris. En Allemagne, les autorités ont interpellé cinq personnes samedi après des troubles lors d’une manifestation « Gen Z » dans le centre de Cologne. Bien qu’aucun émeute ou pillage n’ait eu lieu, la police néerlandaise a procédé à l’arrestation de 34 individus lors d’un troubles à La Haye pour des infractions telles que des actes de violence publics, le port de vêtements couvrants le visage et la possession d’objets interdits comme des pétards. À Londres, plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées après s’être rassemblées près de l’ambassade des États-Unis pour exprimer leur soutien à l’organisation Palestine Action, interdite.
Voici un aperçu des manifestations pays par pays à la fin octobre :
Allemagne : Des dizaines de milliers de jeunes Allemands ont défilé dans les rues de Berlin, Francfort et Cologne le 31 octobre, inspirés par les mouvements observés en France et dans d’autres pays européens. En réponse à un appel d’un groupe nommé « GenZ regelt » (« La Génération Z s’en occupera »), les manifestations ont abordé des questions telles que l’état dégradé des écoles et l’augmentation du coût de la vie, tout en s’opposant à la réintroduction possible du service militaire et en soulevant des préoccupations concernant le réchauffement climatique. Après des manifestations majoritairement pacifiques, des pillages et des émeutes à Francfort et Cologne ont nécessité l’intervention de la police.
Albanie : Les manifestations anti-gouvernementales, qui ont commencé en mai à propos d’un controversé projet de développement touristique côtier bénéficiant à des proches de l’ancien président Donald Trump, se sont élargies pour inclure des questions plus larges de corruption sous la direction du socialiste Edi Rama depuis 2013. Un mouvement estudiantin sans leader dénonce également les insuffisances du système de santé et le manque de perspectives pour les jeunes. Bien que des manifestations pacifiques aient lieu quotidiennement à Tirana, les dernières semaines ont été marquées par des affrontements violents, faisant environ 300 blessés, dont deux-tiers sont des policiers. Les autorités ont réagi avec des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.
Belgique : Le début de l’année scolaire a vu des manifestations de enseignants francophones accompagné de défilés d’écoliers et d’étudiants inspirés par le mouvement lycéen en France. Des affrontements ont éclaté dans diverses villes, notamment à Liège, entraînant des interdictions temporaires de rassemblements. De plus, près de 50 000 personnes ont défilé à Bruxelles le 9 octobre lors d’une manifestation nationale organisée par des syndicats. La manifestation a débuté pacifiquement mais a dégénéré en affrontements près de la gare Centrale et de la gare du Midi, incitant la police à recourir à des canons à eau et des gaz lacrymogènes, entraînant environ 100 interpellations. D’autres rassemblements ont eu lieu fin octobre, avec une manifestation nationale impliquant les secteurs non lucratifs prévue pour le 10 décembre.
Espagne : Un important tollé a suivi l’expulsion d’une personne âgée à Madrid, dont le décès ultérieur a déclenché des manifestations à travers le pays à la fin septembre, conduisant à une crise politique et à des élections générales anticipées le 29 novembre. Des militants et des manifestants dans plusieurs villes, notamment à Madrid, continuent d’occuper des camps de protestation, plaidant pour des protections locatives renforcées. Les principaux syndicats d’Espagne ont annoncé une grève générale pour le 11 novembre afin de soutenir les revendications en matière de logement et de salaire avant les élections à venir.
France : Des centaines de milliers de personnes ont défilé en France lors de trois samedis consécutifs d’octobre, protestant contre l’augmentation du coût de la vie, entre autres préoccupations. Nombre des manifestations ont dégénéré en violence et en dégradations, notamment à Paris. Les manifestations, organisées par des étudiants des lycées et des universités, des « gilets jaunes » et divers syndicats, ont vu les autorités compter 410 000 manifestants, tandis que les organisateurs en estimaient 800 000. De nombreuses interpellations ont eu lieu lors des opérations policières visant à contrôler l’agitation, des blessures graves ayant été signalées parmi les manifestants. Afin de maîtriser la situation, la France a imposé des couvre-feux et interdit certaines manifestations, déployant également des militaires pour assurer la sécurité.
Des appels à un financement supplémentaire pour l’éducation et des manifestations contre la hausse du coût de la vie ont été rejoints par des dénonciations du racisme croissant suite à une attaque survenue le 23 octobre en région parisienne, faisant un mort et sept blessés. Les organisateurs appellent à la poursuite des activités du mouvement, notamment au blocage des lycées et des universités les 3 et 5 novembre, ainsi qu’à une action syndicale nationale le 5 novembre.
Italie : Le 30 octobre, des centaines de milliers d’étudiants et de travailleurs ont participé à des manifestations à travers l’Italie, réclamant un financement accru pour les écoles et des mesures contre la hausse du coût de la vie. Les manifestations sont restées largement pacifiques, bien que le gouvernement italien ait mobilisé des soldats et adopté un décret de sécurité assouplissant les règles de détention pour les mineurs. Ces rassemblements représentent les plus grandes manifestations de la récente vague inspirée par les mouvements étudiants en France et en Espagne, avec des camionneurs et des agriculteurs mobilisés également contre l’augmentation des prix du carburant.
Pays-Bas : Des appels au désordre et au pillage sur les réseaux sociaux ont conduit la police à interpeller environ 30 personnes lors d’une « manifestation Génération Z » à La Haye le 31 octobre ; cependant, des incidents majeurs ont été évités.
Portugal : Des manifestations ont eu lieu le 20 octobre, principalement à Lisbonne et à Porto, suite à des actions gouvernementales visant à démanteler des camps établis par des militants pour les droits au logement. Cela a entraîné 55 interpellations et de légères blessures infligées à deux individus à Lisbonne.
Suisse : En réponse à des appels provenant de jeunes à travers l’Europe, des centaines de personnes se sont rassemblées à Zurich et à Bâle le 31 octobre, réclamant des actions sur des questions affectant leurs droits et leurs moyens de subsistance.
Sérbie : À la suite d’une catastrophe survenue à la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui a fait 16 victimes, un mouvement anti-gouvernement étudiant a remporté les élections en octobre 2026, chassant un parti nationaliste en place. Des milliers de personnes sont attendues à Novi Sad le 1er novembre pour honorer les victimes de la catastrophe, qui a également catalysé les manifestations menant à la chute du gouvernement.
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