L’ONG 11.11.11 a appelé à des sanctions contre les personnes impliquées dans la construction de la controversée colonie E1 en Cisjordanie occupée, affirmant que de tels développements menacent la viabilité d’un futur État palestinien. L’organisation collabore avec une coalition d’organisations internationales de défense des droits de l’homme dans cette initiative.
La zone E1, située entre Jérusalem Est et la colonie israélienne de Ma’ale Adumim, est cruciale, car son développement pourrait efficacement diviser la Cisjordanie, encerclant Jérusalem Est, la capitale prévue d’un État palestinien. Bezalel Smotrich, le ministre israélien des Finances, a déclaré explicitement son intention de « mettre à terre » le concept d’un État palestinien.
Le processus d’appel d’offres pour la construction de 3 000 logements israéliens dans la zone E1 doit se clore le 19 octobre 2026. Les organisations de droits de l’homme avertissent qu’il est nécessaire d’agir immédiatement de la part de la communauté internationale pour stopper le projet avant qu’il ne devienne irréversible, car l’expansion de la colonie déplacerait environ 3 700 Palestiniens.
La coalition d’organisations de défense des droits de l’homme a soumis un dossier plaidant pour des sanctions ciblées de l’Union européenne, de ses États membres, du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie contre les individus responsables du projet E1. Ces sanctions pourraient inclure des interdictions de voyage, des gels d’avoirs et des prohibitions sur les transactions financières.
De plus, elles soulignent la nécessité de délivrer un avertissement public aux entreprises privées et aux institutions financières que leur participation au projet E1 pourrait entraîner leur exclusion du marché européen. Elles proposent d’établir un régime de sanctions spécifique pour Israël et la Palestine, semblable à celui que l’UE a mis en œuvre pour les territoires occupés par la Russie en Ukraine.
11.11.11 plaide également pour que la Belgique développe un mécanisme national de sanctions, lui permettant d’imposer des sanctions ciblées contre les violateurs des droits de l’homme de manière indépendante. Une proposition législative visant à atteindre cet objectif est actuellement à l’étude au sein du Parlement belge.
En réponse, Els Van Hoof, députée du parti CD&V et initiatrice de la proposition, a exprimé l’espoir d’un large soutien. « Bien que des sanctions additionnelles de l’UE seraient bénéfiques, atteindre l’unanimité parmi les États membres de l’UE, en particulier concernant Israël et la Palestine, représente un défi. Un mécanisme national de sanctions permettrait à la Belgique de réagir plus rapidement aux violations graves des droits de l’homme par des mesures telles que des interdictions de voyage, des gels d’avoirs ou des restrictions sur les ressources économiques », a déclaré Van Hoof.