Le Conseil de la Ville de Bruxelles évalue actuellement toutes les implications opérationnelles possibles pour les activités du casino d’ici la fin de cette année. Nawal Ben Hamou (PS), échevine de la Culture, du Logement et du Tourisme, a réaffirmé cela lors de la réunion du conseil municipal de lundi. Le conseil navigue dans une situation complexe.
Ben Hamou a répondu au nom de l’administration communale à de nombreuses questions urgentes émanant des partis d’opposition, notamment Ecolo-Groen, PTB-PVDA et l’équipe Fouad Ahidar (TFA). Ceux-ci ont accusé le gouvernement communal d’un manque de transparence et ont soulevé des préoccupations concernant un éventuel conflit d’intérêts impliquant le maire Philippe Close (PS).
La concession de l’exploitant actuel, Viage, expire le 31 décembre. Le Conseil d’État a suspendu, le 31 août, la décision du Conseil de la Ville de Bruxelles d’attribuer une nouvelle concession à ECK, l’opérateur de Napoleon Games. Casinos Austria International, la société derrière Viage, a fait appel de cette attribution.
Cette situation a suscité de vives inquiétudes parmi près de 300 employés du casino. Viage a montré peu de volonté de poursuivre ses opérations au-delà du 31 décembre.
Des critères discutables
Le membre de l’opposition Benoît Hellings (Ecolo) a critiqué l’administration communale pour avoir pris une mauvaise décision plus tôt cet été concernant l’attribution de la concession, citant des critères d’évaluation douteux. Il a exprimé que la situation soulève de nombreuses questions concernant l’avenir du personnel ainsi que le budget municipal.
« Quels revenus du casino prévoyez-vous d’inclure dans le budget de l’année prochaine ? », a-t-il demandé au maire Close. Hellings a également critiqué le maire de ne pas s’être récusé dans cette affaire, car Close est membre du conseil d’administration du RSC Anderlecht, qui, selon Hellings, est mentionné « toutes les cinq pages » dans la proposition de Napoleon Games, le sponsor du club.
Bruno Bauwens (PTB-PVDA) a souligné que le mémoire d’analyse des soumissionnaires avait été évalué par un jury dont les noms demeurent inconnus, ce qu’il a jugé problématique pour un dossier d’une valeur de 750 millions d’euros. À l’instar de Bauwens, le conseiller Mourad Maimouni (TFA) a déploré l’absence de l’échevin de l’Économie Didier Wauters (Les Engagés) lors d’une récente rencontre avec des représentants syndicaux. Il a également demandé qui paierait le loyer du casino après l’actuelle concession, mais n’a pas obtenu de réponse.
Assurer la continuité
L’échevine Ben Hamou a déclaré que l’administration communale et les avocats examinent la décision du Conseil d’État afin de « prendre une décision légalement correcte tout en assurant la continuité des opérations ».
Selon elle, il serait de toute façon légalement impossible de prendre une nouvelle décision concernant l’attribution de la concession « demain ». « La décision du Conseil d’État stipule que si une nouvelle décision d’attribution est prise dans le cadre de la procédure actuelle, des documents supplémentaires doivent être demandés aux soumissionnaires afin de se conformer au droit européen. Ces documents doivent ensuite être examinés par la Commission européenne elle-même, qui suit des délais légaux qui ne peuvent être raccourcis », a expliqué Ben Hamou.
En réponse aux accusations d’opposition concernant un manque de transparence, elle a noté que la ville est liée par des obligations de confidentialité dans de telles procédures. Par conséquent, une nouvelle décision motivée ne peut être présentée au conseil municipal qu’après avoir d’abord été communiquée aux soumissionnaires, a-t-elle averti.
Enfin, Ben Hamou a annoncé qu’une nouvelle réunion avec des représentants du personnel du casino était prévue dans deux semaines pour discuter de la situation plus en détail.