A partir de septembre, la politique bruxelloise est sur le point de s’accélérer considérablement. Notre équipe rédactionnelle met en lumière plusieurs questions clés qui pourraient susciter des débats importants autour de la table gouvernementale cet automne.
La semaine prochaine, les membres du gouvernement bruxellois se réuniront à nouveau. Il y aura peu de temps pour un atterrissage en douceur après la pause estivale, alors que l’équipe dirigée par le ministre-président Boris Dilliès (MR) fait face à la délicate préparation budgétaire.
Le gouvernement bruxellois vise à atteindre un budget équilibré d’ici 2029. Lors d’une récente séance parlementaire, le ministre des Finances, Dirk De Smedt (Anders), a déclaré que l’objectif pour ce tour budgétaire est de conclure avec un déficit de 818 millions d’euros. Cependant, cette semaine, des sources au sein de son cabinet ont mentionné que des efforts sont en cours pour ramener le déficit à environ 750 millions d’euros, soit une réduction de moitié par rapport à 2024.
En préparation de cet exercice financier, des discussions de niveau administratif sont en cours, et les partis de la coalition commenceront à travailler sur un accord budgétaire tout au long de septembre.
Les tables pour 2027 devraient être finalisées d’ici début octobre. Le budget pluriannuel servira de cadre de référence, incluant des coupes significatives dans l’appareil gouvernemental en raison d’un gel des recrutements plus large.
La réforme de l’administration devrait également se poursuivre cet automne. Deux des quatre opérations de fusion doivent être finalisées d’ici la fin de l’année. Le premier pilier, connu sous le nom d’atlas.brussels, a été lancé en juillet. Il regroupe les services gouvernementaux qui soutiennent les trois autres initiatives de fusion restantes. Le deuxième pilier devrait émerger cette année sous le nom de ‘Service Public Régional Bruxelles’ (GOB). La future position des hauts fonctionnaires au sein de ce nouveau paysage administratif suscite un vif intérêt de la part des partis au pouvoir.
D’ici la fin de l’année, il devrait devenir clair à quoi ressemblera le nouveau plan pour les sans-abri. Le gouvernement bruxellois est préoccupé par l’augmentation du nombre de personnes se retrouvant à la rue en raison de la réduction des places d’hébergement dans le cadre du Brussels Deal. Les négociations à ce sujet sont toujours en cours.
Éviter une nouvelle saga autour de la LEZ
En coordination avec les ministres fédéraux de l’Intérieur et de la Justice, Dilliès a annoncé une série de mesures pour lutter contre la violence liée aux drogues qui a récemment touché plusieurs quartiers de Bruxelles. Dans ce contexte, le ministre-président projette de nommer le premier commissaire aux drogues de Bruxelles d’ici la fin septembre. Le processus de sélection est actuellement en cours.
Tandis que les partis libéraux et le CD&V célèbrent ce nouveau rôle à la suite des négociations gouvernementales, des questions se posent quant à l’efficacité de ce commissaire en tant que coordonnateur face à la complexité du paysage bruxellois.
Une autre incertitude demeure concernant la zone à faibles émissions (LEZ), qui continue de hanter le gouvernement. À la suite du ‘super conseil des ministres’ de la mi-juillet, la secrétaire d’État à l’Environnement, Ans Persoons (Vooruit), a proposé un système de pass annuel, exemptant plusieurs groupes.
Le Conseil d’État doit encore examiner le modèle de la LEZ qui doit entrer en vigueur l’année prochaine. Un avis consultatif critique pourrait ouvrir la voie à un nouveau litige impliquant des groupes de défense contestant la politique devant les tribunaux. Cependant, Persoons a constamment affirmé que le cadre révisé doit être juridiquement solide.
Un autre enjeu pressant est le bruit des avions sur le nord de Bruxelles. Le gouvernement bruxellois cherche à suspendre le débat entourant le chemin de vol RNP 07, mais une décision n’est pas attendue avant janvier 2027. En attendant, Persoons est en dialogue avec le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). D’ici le 1er octobre, les nouveaux chemins de vol et les mesures potentielles de réduction du bruit à long terme doivent être clarifiés.
Le cabinet de Persoons se prépare également au lancement des prêts à taux zéro pour les rénovations énergétiquement efficaces. Ce nouveau système remplacera les subventions Renolution mais ne devrait être pleinement opérationnel qu’au début de 2027.
Plan urgent pour les sans-abri
D’ici la fin de l’année, une supervision obligatoire sur Sint-Joost-ten-Node doit entrer en vigueur. Les défis financiers auxquels la commune est confrontée ont contraint le ministre de la Régionalisation, Ahmed Laaouej (PS), à adopter cette mesure drastique. Le maire Emir Kir affirme qu’il s’agit “d’une stratégie pour déstabiliser financièrement Sint-Joost-ten-Node” et a menacé de porter l’affaire devant les tribunaux.
Avec le ministre Dirk De Smedt (Anders), Laaouej esquissera également un nouveau plan pour les sans-abri. Tous deux ont précédemment introduit des mesures d’urgence, et un tableau plus clair du nouveau plan devrait se dessiner plus tard dans l’année. “J’ai découvert une forte impulsion humanitaire chez Dirk,” a commenté Laaouej au sujet de leur collaboration.
Par ailleurs, les négociations concernant le Brussels Deal sont en cours, confirmant des rapports antérieurs sur une réduction de 1 000 places d’hébergement à Bruxelles, comme l’a détaillé une récente annonce. Le gouvernement bruxellois craint une hausse du nombre de sans-abri, les organisations alertant sur une potentielle crise humanitaire. Cette situation menace également le développement du projet ferroviaire de la ville.
Enfin, la tempête autour de l’Association de Logement d’Anderlecht continue de planer. La nomination d’un commissaire gouvernemental jusqu’en décembre a temporairement apaisé les tensions, mais les recommandations issues du comité d’enquête doivent encore être transformées en politique. Le président d’Anders, Frédéric De Gucht, a indiqué que son parti prendrait les devants au parlement si les propositions de la secrétaire d’État responsable, Karine Lalieux (PS), prenaient du retard.