Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), a fait face à des critiques lors d’une réunion du conseil communal lundi soir concernant le dossier du casino. Les membres de l’opposition l’accusent non seulement de conflits d’intérêts, mais aussi de compromettre des millions d’euros de revenus potentiels pour la ville. Close a déclaré qu’il envisageait de s’abstenir de prendre des décisions futures concernant le casino. L’avenir d’une nouvelle procédure de concession demeure incertain.
Contexte : Fin août, le Conseil d’État a suspendu la décision de la Ville de Bruxelles d’accorder la concession pour l’exploitation du casino à ECK, la société mère de Napoleon Games, pour une période de quinze ans. Le conseil a critiqué la ville pour avoir pris des décisions basées sur des critères non spécifiés dans les conditions des candidats.
Les accusations contre Close sont aggravées par le fait qu’il occupe également un poste de directeur au sein du club de football d’Anderlecht, qui compte Napoleon Games comme principal sponsor. Malgré cela, il ne s’est pas abstenu lors de la décision concernant la concession.
Avenir de l’abstention
Lors de la réunion de lundi, les membres de l’opposition ont formulé de graves allégations à l’encontre de Close, Benoit Hellings (Ecolo) l’accusant de mettre en péril des millions de revenus pour la ville. Viage contribue actuellement 4,7 millions d’euros par an aux finances de la ville.
Hellings a soulevé la possibilité d’une nouvelle procédure complète pour la concession et a interrogé le maire sur les raisons pour lesquelles il ne s’est pas abstenu lorsque le collège a attribué la concession du casino à Napoleon. Bruno Bauwens (PTB-PVDA) et Mourad Maimouni (TFA) ont également exprimé leur mécontentement face aux actions du maire, Maimouni soulignant que les emplois de centaines d’employés du casino sont en jeu.
Dans sa réponse préparée, Close a affirmé qu’il n’avait pas commis de conflit d’intérêts au sens légal ou éthique. Toutefois, il a reconnu qu’il examinait avec ses avocats s’il devait s’abstenir lors des décisions futures liées au casino afin de maintenir la confiance du public envers le gouvernement. « Cela revient essentiellement à admettre qu’il aurait dû le faire dans le passé », a interprété Hellings, citant le code éthique de la ville lors de la réunion du conseil.
Close a en outre souligné que RSCA et Napoleon sont deux entités distinctes et qu’il n’occupe aucune fonction chez Napoleon Games.
Dépendance à Viage
La réponse du maire indique qu’il reste incertain si une nouvelle procédure d’attribution sera mise en place. Il est largement admis qu’une telle possibilité est élevée, compte tenu des critiques fondamentales du Conseil d’État. Dans ce scénario, la ville pourrait devoir prolonger temporairement la concession actuelle avec Viage.
Hellings a suggéré que les erreurs de la majorité au pouvoir les ont rendus complètement dépendants de Viage dans la négociation d’une nouvelle concession. Viage avait promis de contribuer 10 millions d’euros par an aux finances de la ville, alors que le chiffre actuel n’est que de 4,7 millions. L’offre de Napoleon était légèrement supérieure à 10 075 000 euros. Il semble improbable que l’opérateur accepte un montant supérieur à la contribution actuelle lors d’une extension temporaire du contrat Viage.
Hellings a également souligné que le budget de la ville est déjà en difficulté. “Cela illustre une mauvaise gouvernance, qui erodera davantage la confiance du public dans la politique”, a déclaré le conseiller Ecolo.
Mourad Maimouni a critiqué Close pour avoir été mal conseillé tout au long du processus décisionnel, affirmant qu’il est temps que la direction du Cadastre, qui a géré le dossier de la concession, se retire.