François Brabant, rédacteur en chef, a récemment parlé du titre du nouveau documentaire, « Charleroi, votre univers impitoyable ? ». Il a précisé : « Je vous assure, Charleroi n’est pas la seule ville concernée, ni celle où l’univers est le plus impitoyable. En fait, nous avons lancé une série sur les grandes villes wallonnes il y a un an. Nous avons déjà couvert Liège, Mouscron, et maintenant Charleroi, chaque titre reflétant la narration propre à chaque ville. L’idée est de présenter une histoire sociale, économique et politique, qui met en lumière une certaine manière de vivre. Pourtant, il subsiste une dureté sous-jacente qui traverse le récit, indiquant que la vie—publique et privée—est difficile. »
Un passé industriel riche suivi d’un déclin
L’histoire de Charleroi met en avant un passé industriel vibrant, que le documentaire capture bien. Cependant, il aborde également le déclin de ces industries, avec Félix Marlier qui livre un témoignage poignant. En 1975, Marlier, alors employé dans une aciérie à Monceau-sur-Sambre, a noté l’augmentation du chômage, déclarant : « Nous sommes habitués à notre usine ; nous nous sentons en famille là-bas, mais… je ne pense pas que nous puissions la sauver. Il faudrait une modernisation complète, nécessitant un temps considérable pour y parvenir. Toute la région devrait être restructurée avec de nouvelles opportunités d’emploi. Si vous modernisez, en introduisant des machines qui remplacent dix travailleurs par cinq, ces cinq doivent être employés ailleurs. Mais sans nouveaux emplois, où irons-nous ? »
Le documentaire propose des heures d’archives, permettant au public de découvrir divers résidents notables de Charleroi, tels que Marguerite Staquet, qui a dirigé une grève de femmes à Fontaine-l’Évêque ; Léon Cassart, connu comme l’Eddy Merckx de la pelote ; et Pino Cerami, qui s’est installé à Couillet après sa carrière cycliste.
Projections à guichets fermés
Dans les villes où les documentaires sont projetés, les audiences ont montré un soutien écrasant. Brabant a noté : « Les deux projections que nous avons organisées, la première en juin, étaient complètes. Ici, nous avons une nouvelle projection à guichets fermés. À Liège et Mouscron, c’était la même chose. Cette réponse indique que beaucoup de gens ont soif de redécouvrir leur histoire collective. »
Brabant a laissé entendre que de nouvelles projections seront probablement programmées suite à ces événements à guichets fermés.