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Des riverains s'opposent au bruit des avions à Bruxelles près du bureau du ministre de la Mobilité

Des riverains s’opposent au bruit des avions à Bruxelles près du bureau du ministre de la Mobilité

Protest contre le bruit des avions à Bruxelles

À 7h30, l’atmosphère paisible de la Rue des Petits Carmes, située entre Sablon et Porte de Namur, est troublée par un concert cacophonique de casseroles, trompettes, sifflets et tambours. Cette manifestation est organisée par une trentaine d’habitants, devant le bureau du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), pour exprimer leur mécontentement face à la pollution sonore causée par les avions survolant le quartier, sur la trajectoire baptisée en son honneur depuis l’été 2025.

Chaque vendredi jusqu’à 9 heures, ces riverains font part de leur frustration, soutenant que leurs nuits et leurs journées sont perturbées par le bruit des avions qui descendent le long de la « route Crucke » ou RNP07, comme elle est techniquement appelée. Les avions survolent Bruxelles d’ouest en est, traversant Molenbeek, Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg, Jette, Laeken, Schaerbeek et Evere, touchant également Anderlecht.

Des jours entiers remplis d’avions volants à basse altitude

Marie Lagarrigue, habitante de Laeken, déclare : « En fait, cela fait un an que nous vivons cela, avec des journées entières où les avions volent à très basse altitude. Pour moi, c’est à 300 mètres au-dessus. Nuit et jour, à une fréquence terrible… Nous avons jusqu’à 300 avions durant les pires jours. La population est très, très, très fatiguée. »

Elle précise les effets concrets : « Il devient difficile de s’endormir le soir, car lorsque nous nous allongeons, les avions passent les uns après les autres. C’est se réveiller la nuit. Je travaille souvent de chez moi, et cela rend la concentration difficile. J’ai un enfant qui fait ses devoirs sous les avions. Nous sommes très inquiets à ce sujet, surtout concernant l’apprentissage et le sommeil de nos enfants. J’ai des voisins dont les enfants dorment mal depuis des mois. »

Marie reconnaît qu’il y a toujours eu des avions au-dessus de Laeken, mais « nous n’avons jamais connu une telle intensité. Et le problème est que les autres trajectoires de vol que nous subissons sont déjà très dérangeantes. Maintenant, nous sommes à un niveau de stress et de fatigue dû à la route Crucke qui est très élevé. »

Sylvie Degraeve, résidente de Koekelberg à quelques mètres du Parc Élisabeth, participe à la manifestation avec un sifflet et un mégaphone diffusant le bruit des moteurs d’avion. Elle décrit sa situation : « Mon quotidien est devenu un cauchemar. Je vis à Koekelberg depuis 25 ans, dans un havre de paix. J’aime ce quartier, j’adore Bruxelles. Et maintenant, tout ce que je veux, c’est fuir la ville parce qu’il est tout simplement impossible de faire face. Humainement, c’est vraiment la terreur. »

Au bord du burn-out

Sylvie est l’une des initiatrices des manifestations du vendredi matin devant le bureau du ministre Crucke. « Nous avons appliqué le principe des ‘charivaris’, faire du bruit pour exprimer notre protestation. Nous avons commencé en juin avec seulement dix personnes, et cela a grandi. Nous avons fait une pause durant la période de vacances et avons repris le 21 août. La semaine dernière, nous avions 30 participants. Les gens sont de plus en plus mécontents et ne peuvent plus le supporter. »

Ces habitants de Bruxelles, affirmant parler au nom de plus de 450 000 personnes touchées, exigent un « arrêt immédiat de la route RNP07. » Ils soutiennent qu’il s’agissait d’une trajectoire de test, mais que le ministre Crucke semble vouloir la rendre permanente avec des solutions cosmétiques qui ne supprimeront pas le bruit. « Le bruit sera toujours là, avec des avions passant toutes les deux minutes. Cela peut durer pendant 21 heures. Trois jours consécutifs de survols, cela vous pousse à bout, le cœur s’accélère, les mains tremblent, vous ne pouvez plus travailler ni dormir. C’est inhumain, c’est de la torture, » a déclaré un autre manifestant.

L’association Free Air Brussels a lancé une pétition qui approche des 17 000 signatures, avec environ une centaine de nouvelles signatures chaque jour. Ils prévoient également un rassemblement au Parc Élisabeth le 13 septembre à 15 heures.

Le cabinet de Crucke a déclaré qu’« une décision » du gouvernement fédéral concernant cette affaire « doit être prise au plus tard le 1er octobre. » Ce délai est clair et contraignant pour tous les acteurs concernés.

Plusieurs communes bruxelloises ont engagé des actions en justice contre la route Crucke. Un sonomètre à Molenbeek a enregistré plus de 3 800 violations sonores entre janvier et avril de cette année, établissant un record.

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