Suite à l’abattage de plusieurs arbres rue du Marché aux Herbes à Bruxelles, après la tempête Austen, une procédure judiciaire a été engagée. L’ASBL We Are Nature a annoncé ce vendredi avoir déposé une plainte auprès du procureur du Roi de Bruxelles. Cette action vise la Ville de Bruxelles ainsi que “toute personne ayant ordonné aux services communaux de procéder à cet abattage”, selon le communiqué rapporté par Belga.
Le 23 octobre dernier, un arbre était tombé sur la terrasse de la brasserie Ommegang, entraînant trois blessés. Suite à cet incident, la Ville de Bruxelles avait fait abattre trois arbres et procédé à l’élagage de deux autres situés sur la place Agora, à proximité de la rue du Marché aux Herbes. La Ville avait justifié ces interventions par des raisons de sécurité pour les passants. En outre, après la tempête, Florence Frelinx (MR), échevine des Espaces verts, avait annoncé que de nouveaux arbres seraient replantés prochainement au même endroit.
Une intervention jugée illégale et des précautions insuffisantes
Le collectif We Are Nature, qui milite pour la préservation des espaces naturels dans la capitale, considère que ces actions étaient “intempestives” et ont été réalisées sans autorisation préalable. “A priori, ces abattages et élagages radicaux ont été réalisés sans permis, alors que ces autorisations sont indispensables pour de tels actes, sauf si les arbres sont mourants, ce qui n’était manifestement pas le cas”, prétend l’association dans son communiqué. Elle rappelle que l’abattage ou l’élagage radical d’arbres sans permis peut représenter une infraction pénale.
“Aucune autre mesure de prévention n’a été prise par les autorités communales, comme la mise en place d’un périmètre de sécurité, alors que cela aurait pu éviter un autre accident et préserver les arbres”, ajoute-t-elle. “Cela est d’autant moins compréhensible que le pays avait été placé en “alerte jaune” par l’IRM dès le 22 octobre, et que Bruxelles avait été placée en alerte orange le 23 octobre. Bruxelles Environnement avait également ordonné la fermeture des parcs, précisément pour éviter ce genre d’accident”, s’interroge We Are Nature.
Une “impréparation au changement climatique”
We Are Nature est d’avis que l’abattage du 23 octobre témoigne d’une “absence de considération adéquate” pour les arbres, qui sont des êtres vivants, mais aussi d’une “impréparation” de la Ville de Bruxelles face au changement climatique et aux effets inévitables de l’élévation des températures.
“En procédant de manière précipitée et a priori illégale à un abattage et un élagage radical d’arbres jugés affaiblis par les effets des canicules et de la sécheresse, les autorités communales ont, de facto, aggravé les impacts du changement climatique, réduisant ainsi nos capacités d’adaptation. Les prochaines canicules fera beaucoup plus chaud sur cette place dépeuplée de ses arbres, ce qui contribuera à accentuer la sécheresse localement et rendra plus difficile la croissance et la survie de la végétation qui sera replantée”, explique We Are Nature.
Cette plainte survient alors que l’ASBL est également engagée dans une procédure judiciaire contre la Région bruxelloise pour défendre la préservation des friches urbaines. Les deux parties doivent être entendues lundi prochain devant la cour d’appel de Bruxelles concernant le moratoire sur l’urbanisation des terrains non bâtis de plus de 0,5 hectare.
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