Le projet d’établissement d’un cimetière à Hoogveld, à la limite entre Berchem-Sainte-Agathe et Molenbeek, suscite une résistance croissante de la part des résidents locaux, préoccupés par l’impact de ce projet sur leur qualité de vie. Ces habitants, soutenus par des comités de quartier, craignent des répercussions sur les conditions environnementales, le trafic et le stationnement.
La Ville de Bruxelles envisage le développement d’un cimetière multiconfessionnel comprenant environ 7 000 concessions funéraires, s’étendant sur près de cinq hectares à Hoogveld. L’initiative concerne la fusion de 3,5 hectares appartenant au CPAS de Bruxelles avec une parcelle privée d’environ 1,5 hectare. La nouvelle installation devrait satisfaire la demande de sépultures multiconfessionnelles pour les quinze prochaines années, les cimetières existants approchant de leur capacité maximale. Toutefois, plusieurs étapes procédurales demeurent à réaliser avant le lancement du projet.
Actuellement, Hoogveld est un espace vert entouré de zones résidentielles. Les habitants, organisés sous la bannière SOS Hoogveld, soutiennent que le caractère résidentiel et naturel de la zone est incompatible avec une telle installation. « Nous sommes passés d’un projet d’agriculture maraîchère et de protection de ce site à celui d’un cimetière. De mes fenêtres, je vois maintenant un champ ouvert. Demain, ce pourraient être des tombes, des clôtures et des corbillards devant chez nous. Ce n’est pas un endroit approprié pour cela », a déploré Laetitia, résidente de la Rue Bon Pasteur.
Une opposition à tout type de cimetière
Les habitants mobilisés s’opposent à toutes les formes de cimetières sur ce site, qu’ils soient traditionnels, paysagers, naturels, écologiques ou multiconfessionnels. Ils affirment que leur objection ne concerne pas le besoin de lieux de sépulture, mais spécifiquement l’emplacement choisi à Hoogveld. « Le besoin de lieux est urgent ; nous ne contestons pas cela », ont-ils précisé. Évoquant le statut d’espace vert protégé du terrain dans le Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS), ils ont également soulevé des questions d’accès et de stationnement. Ils ont cité les propos du bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe, qui avait précédemment mis en avant plusieurs obstacles le 19 octobre.
« Cette zone est classée comme zone verte selon le PRAS, ce qui signifie qu’elle est protégée et qu’aucune construction n’est autorisée », a-t-il affirmé. Il a également soulevé des préoccupations concernant la mobilité, l’accessibilité et le stationnement, les considérant comme des « enjeux significatifs et de substantielles barrières au développement du projet en cet emplacement ». La préservation de la biodiversité a également été évoquée. « Hoogveld sert de refuge pour la faune — oiseaux, renards, martres, abeilles, et bien d’autres — et constitue un espace de nature et de liberté pour les animaux de compagnie locaux », a noté Laure, vétérinaire et résidente de la Rue Grand-Bigard.
Un appel de la communauté au conseil municipal le 26 novembre
SOS Hoogveld vise à élargir son soutien, encourageant les résidents locaux, les associations et les groupes communautaires à rejoindre leur cause. Un appel civique sera présenté au conseil municipal de Berchem-Sainte-Agathe le 26 novembre 2026. Les habitants cherchent à obtenir une prise de position définitive des autorités et à exprimer leurs préoccupations avant toute avancée supplémentaire sur le projet.
« J’ai eu le privilège de vivre près de cet endroit merveilleux pendant 28 ans, et ils veulent me l’enlever ? Jamais ! » a déclaré Dany, un autre résident de la Rue Bon Pasteur.