La gouvernance belge échoue à s’accorder sur l’évacuation de 13 étudiants boursiers de Gaza
Le gouvernement fédéral n’a pas réussi à parvenir à un accord sur l’accueil de 13 étudiants de Gaza titulaires de bourses pour étudier ou mener des recherches dans une université belge. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés). Un partenaire de la coalition aurait voulu lier ce dossier à un accord sur le rapatriement des immigrants illégaux en Afghanistan et sur des hubs de retour en dehors de l’Union Européenne. Il qualifie cette situation de « chantage ».
Prévot défend depuis longtemps l’évacuation et l’accueil des étudiants concernés. Vendredi, il a présenté une note au cabinet de l’exécutif, qui incluait également la reprise des évacuations des personnes éligibles depuis Gaza et une contribution financière à une opération de l’Organisation mondiale de la santé pour traiter des enfants malades de la région en Jordanie.
« Cette note a été bien reçue par deux partenaires, très froidement par un autre, et complètement rejetée par le dernier, à moins que nous ne soyons prêts à faire des concessions concernant le retour en Afghanistan et les hubs de retour », déplore le ministre. « Parce qu’un dossier est pris en otage par un autre, au détriment de personnes vivant dans la misère, j’ai décidé de retirer ma note. La dignité ne peut être achetée. »
Selon une source gouvernementale, Prévot a reçu le soutien de Vooruit et du CD&V au sein du cabinet, tandis que la N-VA (le parti du Premier ministre Bart De Wever) a proposé de lier le dossier afghan et les hubs de retour à la discussion.
La ministre de l’Asile et de la Migration de la N-VA, Anneleen Van Bossuyt, a indiqué durant le week-end qu’elle n’est pas favorable à l’accueil des étudiants boursiers, invoquant le risque d’un « effet domino » si les étudiants demandent l’asile et rapatrient des membres de leur famille par le biais du regroupement familial.
Cependant, Van Bossuyt et la N-VA soutiennent l’hébergement des demandeurs d’asile déboutés dans des centres en dehors de l’UE. Un règlement européen le permet, mais aucun accord n’existe au sein du gouvernement fédéral. La ministre de la N-VA éprouve également des difficultés concernant le rapatriement des Afghans condamnés illégalement, et les discussions avec le régime taliban afghan — nécessaires pour les documents d’identification et de voyage — sont sensibles au sein du gouvernement.
« Je n’ai jamais refusé de discuter de la question des hubs de retour. Mais pas dans le cadre d’un chantage », affirme Prévot. « Comme les choses en sont maintenant, il est clair qu’il n’y a pas de consensus au sein du gouvernement pour faciliter l’évacuation et l’accueil des étudiants boursiers. Compte tenu des positions adoptées aujourd’hui, il est à craindre qu’il n’y ait pas de changement à court terme. »
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