Cinquante arbres doivent être abattus au Carré des Chardons, à Schaerbeek, pour permettre la réalisation d’un projet de 39 logements. La Région a délivré le permis malgré l’avis négatif de la commune et sa demande de nouvelle enquête publique. Cette décision suscite la colère des défenseurs du site, qui dénoncent un “déni de démocratie” et envisagent d’introduire un recours.
Une deuxième enquête publique refusée
Lors du conseil communal de Schaerbeek du 16 septembre, la commune avait demandé à la Région une deuxième enquête publique suite aux modifications apportées au projet immobilier prévu sur le site du Carré des Chardons. Cependant, le permis d’urbanisme a été délivré sans seconde consultation populaire. L’association We are Nature, qui défend les espaces naturels à Bruxelles, déplore la destruction d’un îlot de fraîcheur supplémentaire dans la capitale. Le collectif de défense du Carré des Chardons fustige un déni de démocratie.
La commune de Schaerbeek avait déjà émis un avis défavorable sur le projet en novembre 2025, pointant des préoccupations concernant la mobilité générée, la densité du projet ainsi que l’aménagement des espaces publics et de l’intérieur d’îlot. Suite à l’enquête publique qui s’est tenue entre septembre et octobre 2025, certaines modifications avaient été apportées au projet : un total de 39 logements seront construits contre 40 dans le projet initial, et l’abattage ainsi que le replantage de 50 arbres contre 35 dans le projet initial.
Des modifications « accessoires »
C’est cette seconde modification qui a suscité la réaction de Justine Harzé (PS), échevine de l’Urbanisme à Schaerbeek. Audrey Henry, secrétaire d’État bruxelloise à l’Urbanisme, a expliqué que les 15 arbres supplémentaires comptés dans la seconde version se trouvaient déjà à l’endroit où doit être construit le bâtiment et qu’ils auraient donc, selon elle, dû être abattus de toute façon. La différence entre les deux versions résiderait dans leur classification. D’après la secrétaire d’État, le demandeur les avait initialement jugés trop petits pour nécessiter un permis d’urbanisme.
Pour ces raisons, la Région a jugé qu’une deuxième enquête publique n’était pas nécessaire.
Un éventuel recours
Justine Harzé, s’étant positionnée contre le projet, laisse présager que le collectif de défense du Carré des Chardons ainsi que We are Nature s’attendent à ce que la commune introduise un recours administratif. Dans le cas contraire, l’association de défense de la nature à Bruxelles a déjà annoncé qu’elle envisageait de contester le permis d’urbanisme.
Dans son communiqué, We are Nature critique la Région, l’accusant de détruire des îlots de fraîcheur tout en aggravant la crise du logement : “Les directions régionales des partis politiques bruxellois n’ont toujours pas compris que continuer à détruire la nature à Bruxelles représente un danger mortel pour un nombre croissant de personnes. [Ils] préfèrent vendre et détruire des sols vivants, spéculer sur la nature, pour en tirer des bénéfices financiers et politiques, au détriment de la santé du plus grand nombre et de l’avenir de notre ville-région.”
Justine Harzé ne s’est pas encore exprimée concernant l’octroi du permis.