À Bruxelles, des manifestants voient leurs masques et leur sérum physiologique confisqués lors de contrôles de police. Ces saisies, rapportées par plusieurs témoignages anonymes relayés par le média Yurbise, sont dénoncées par la Ligue des droits humains. Ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre décident de fouiller les manifestants pour leur retirer masques, sérums physiologiques ou pancartes jugées « provocantes ».
De nombreux témoignages
Lors de la manifestation du 17 octobre, de nombreux témoignages évoquaient déjà des comportements similaires de la part de la police. « J’ai entendu la police dire qu’il fallait fouiller les sacs si les manifestants avaient du sérum physiologique, des lunettes ou leur carte d’identité, c’était une saisie administrative », raconte un jeune militant au média en ligne Yurbise. Un autre manifestant ajoute : « J’ai été contrôlé vers 16h30, le policier m’a dit que comme j’avais des masques, j’allais recevoir un procès-verbal. »
Une pratique jugée illégale
Interrogé par la RTBF sur la légalité de ces pratiques, Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits humains, confirme qu’il n’existe aucune base légale pour justifier ces confiscations. D’après lui, il s’agit d’un moyen de dissuader les manifestants. En effet, sans sérum physiologique, les effets de l’exposition au gaz lacrymogène persistent beaucoup plus longtemps et poussent les manifestants à se retirer pour se soigner.
Ce message, adressé à Yurbise et partagé dans sa story Instagram, fait état d’une analyse similaire : « J’ai parlé avec un policier dans la fourgonnette stationnée à la Bourse. Il m’a dit qu’ils prenaient les sérums physiologiques pour nous dissuader parce que ‘ça veut dire qu’ils vont aller jusqu’à la fin, jusqu’à ce que ça pète’. »
La Ligue des droits humains considère que ces pratiques, souvent appliquées par les forces de l’ordre ces dernières semaines, constituent un acte antidémocratique. En dissuadant une certaine population de manifester, on enfreint directement la liberté de rassemblement et de manifestation.
Au nom de l’ordre public
Contactée par la RTBF, la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles a justifié ces mesures en mettant en avant le maintien de l’ordre public et l’absence de débordements.
« Dans ce contexte particulier, certaines mesures préventives ont été prises en fonction de la situation sur le terrain, du lieu, du moment et de l’évaluation des risques. Les objets concernés, notamment des lunettes de piscine, du sérum physiologique ou des masques médicaux, ne sont pas prohibés en eux-mêmes. Leur saisie administrative temporaire a toutefois pu être décidée au regard du contexte concret de la manifestation et de leur utilisation potentielle dans les circonstances rencontrées. »
Zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles, pour la RTBF
Cette justification suscite des interrogations. Comment justifier la confiscation de pancartes et de matériel de soin au nom du maintien de l’ordre ? Qui évalue, et selon quels critères, l’impact potentiel d’une pancarte sur le calme d’un rassemblement ou sa légitimité ?
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